LIVRE QUATRIÈME
<( Et à doimer à cette masse de la cohésion par « des moyens éprouvés dans la pratique des siècles^ « avoués par le bon sens du genre humain I »
Le bon sens! le sétts commun! nous y voilà; mais le sens de cette phraséologie éclectique?,,. Attendez^ le sous l'orme/
(( Il rétablit la religion du pays. »
Ah I voilà sa grande gloire, aux yeux de la bourgeoisie ; elle aime dans ce despote comme dans son pareil, cet Henri IV si scandaleusement vanté, Tinquisition de TEglise maintenue au préjudice de raf« franchissement populaire !
« Rappe]a les émigrés, rendit les biens non ven* (( dus, associa dans les emplois publics les hommes (c que séparaient le plus leurs opinions ou leurs ao- « tes. »
Toujours la bourgeoisie fière, comme une parvenue, d'être égalisée, dans la servitude, à la noblesse si haïe et si enviée I
« La réconciliation des Français, la fin des ven- (^ geances, Toubli des haines. »
L'historien ose-t-il écrire ceci sérieusement, et quel règne, sinon celui des Bourbons, fut plus vindicatif et plus haineux?
« Tel fut, comme il l'a dit lui-môme, son grand « principe^ l'esprit et le but de sa politique. Consul <( temporaire, consul à vie, empereur, il porta ce (c détachement absolu de toute aflTection de parti w dans les phases successives de sa glorieuse des- «» tinée... »
Il est difficile, n'est-ce pas? d'imaginer une page , plus scandaleuse de contre-sens, de sophismes et de mensonges historiques : ils vont, ici, jusqu'à Tinsolence et à l'atrocité. Tel est, cependant, le plus honnête des historiens bourgeois, et le plus sincère. Ab uno disce omnes,.. Comme on voit que tous ces écrivains ont abordé l'histoire de parti pris, violemment, décidés à la faire parler, contre sa conscience, pour leur système I...
On ne petit s'étonner, après cela, que l'historien trouve une raison profondément historique au maintien de la royauté « dont le développement, dit-il, a marché de front avec celui du tiers-état, » et il leur accorde à tous* deux, comme à deux excellents collaborateurs, la gloire d'avoir fondé enfin cette unité nationale et administrative que la Révolution est venue achever. Donc, la monarchie constitutionnelle, le parlementarisme, voilà le dernier mot de la bourgeoisie ; et quand, dans ses meilleurs représentants, elle en arrivera à faire au peuple la concession du mot république, elle ne concevra pas la chose aiTtrement que la monarchie ; elle s'imaginera que le titre de roi supprimé et l'hérédité princière abolie constituent tout l'idéal républicain qui travaille l'esprit populaire.
Quelle pitié! Tant de siècles si douloureux et si laborieux en aboutiraient là?
La bourgeoisie, race intermédiaire et spéculatrice, ne peut avoir que des pensées spéculatrices et intermédiaires. Ni royauté ni république! Une con-