LIVRE CINQUIÈME
lutiqn de Juillet, c'est-Mire Ta-vénement dû la bourgeoisie, « c'est tout ce qu'il y a de bpn, de légitime, de national depuis 1789 jusqu'en 1830, et le mauvais parti révolutionnMre est la queue de notre première révolution, tout ce qu'il y a de mauvais, d'illégitime, d*anti-national dans pette période. » On démêle, à travers cette piètre phraséologie sourde et sèche, ridée fopoière de toute cette école historique et politique, et rincurabl^ vanité d'un ambitieux qui cache ses hontes et ses blessures sous le faste hypocrite d'une impassible austérité. La vertu de la République n'accepte point comme un adversaire digne d'elle, encore moins comme un juge, un homme qui, tout gonflé du venin de ses mauvaises intentions, d'une infatigable âpreté au mal, a donné à son immortalité tant de morgue, et tant d'impudence à ses scandales; elle repousse avec mépris, dans la foule vile des âmes courtisanes et publiques, cette âme, altière proxénète, matrone puritaine, qui prétend au respect jusque dans ses trafics de prostitution; tout ce que ce milieu élève contre elle de rumeurs et de huées, elle ne daigne pas même s'en étonner, trouvant la calomnie et l'injure naturelles h cette corruption, comme l'est aux bourbiers la pestilence des odeurs vénéneuses. — Elle peut excuser chez quelques-uns les erreurs que le sang et l'éducation ont invétérées en eux ; mais il lui convient d'armer les générations nouvelles d'un mépris poignant et amer, implacable^ contre ces affronteurs de la conscience humaine, (Jont la perversité pontificale et quasi hié-
ratique se raidit et se gourme en de graves et majestueuses attitudes , pour intimider l'équitable haine publique !
La répugnance à la démocratie n'apparaît pas moins dogmatique et moins dédaigneuse, chez la lignée qui est sortie de ces historiens que chez euxmêmes. Il serait facile de le constater; mais le résultat d'un tel travail vaudrait-il la peine qu'il coûterait? — D'autant moins que chez la plupart de ces disciples, la pensée des maîtres, effacée parla circulation comme une vieille pièce de monnaie, n'offre plus qu'une empreinte molle et indécise, banale et incertaine. La forme de plus en plus appauvrie montre piteusement l'irréparable indigence du fond.
Les meilleurs d'entre eux sont les simples érudits qu^, n'ayant point assez de force ni de loisir d'esprit pour se faire une opinion personnelle, mettent leurs « recherches » sous la protection d'une vieille idée qu'ils invoquent, sans conscience, machinalement, comme les vieilles dévotes font leurs prières. Au moins, leurs œuvres sont utiles à la science, sinon par la pensée ou par^la forme, au moins par Içs découvertes de détails et le maniement de documents nouveaux ou renouvelés par l'interprétation. Mais combien, à ce point de vue même, ces monographies seraient plus précieuses, si elles étaient conçues dans un esprit plus indépendant, traitées avec plus de vie et d'âme, et si les écrivains, honorablement dédaigneux d'opinions toutes faites, consentaient à comprendre les idées que l'enchaînement des faits