LIVRE CINQUIÈME 24S
leur présente! Malheureusement, c'est laf^ute de la plupart des érudits qu'ils savent épeler les mots, mais ne savent point lire le sens qui les relie, et encore moins la pensée qui se dégage des phrases. Que sont leurs travaux? Des renseignements bruts pour les vrais historiens qui s'en servent comme fait l'architecte des moellons qui sortent de la carrière. De ces savants, nous n'avons point à nous occuper. Ils n'entrent point dans des discussions de cette espèce.
Mais ne pourrait-on, parmi les autres, parmi ceux à qui leur prétention de continuer la pensée des maîtres » impose la responsabilité de cette idée, — ne pourrait-on en trouver un qui tranchât d'une individualité, un peu moins effacée, sur la molle et confuse banalité du reste? Massane crut trouver son homme en M. Lanfrey : c'est un des derniers venus de l'école, mais il y appartient incontestablement; (( l'admirable constitution anglaise » est hautement son idéal, et il rêve pour la France, complaisamment, le despotisme hypocrite, bavard et intrigant, vénal et brouillon du régime représentatif. Pourtant, il mêle une sorte d'accent particulier au répétage des vieux axiomes parlementaires. C'est bien le verbiage de « la Doctrine, » puritain, rogue et tendu, sans élasticité; gourmé et sec, suffisant, sans imprévu; décoloré, monotone et sourd, mais prononcé avec un timbre de voix particulier, bref, cassant et sentencieux — qui tâche d'être âpre et impérieux. — Le style, c'est l'homme, quoi qu'on en dise. L'étude de