‹ Le fédéralismeChapitre 134 sur 160 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

« secte hérétique, mais un parti politique dont Tin- (( discipline nuisait h la transformation unitaire qu*il « voulait accomplir en France. »

Si Richelieu a eu raison, comment n'avons-nous pas eu tort? Je cfains que M. Lanfrey nous ait complimentés à la légère, qu'il ne nous connaisse point, nous ni notre histoire, et qu'il ne sache nullement quel peuple noua sommes. C'est un peu le défaut des francimands ou des méridionaux qui, de bonne heure, se sont afrancimandis, de nous traiter quelquefois» avec une sorte de bienveillance qui ne nous est pas du tout agréable. Les éloges de M. Lanfrey se trompent : — nous ne méritons point la sympathie des doctrinaires de son école.

— Je l'espère bieni s'écria Nabrigas.

— a Par exemple, M. Lanfrey déteste Napoléon : M. Thiers l'admire, celd est vrai ; mais, allez au fond, vous verrez qu'ils sont tous deux fidèles à l'esprit de leur caste. Napoléon est, je ne dirai point si vaste, mais si confus ; il est encore, malgré lui, si mêlé de révolution, du moins par son origine, que la bourgeoisie doit, à la fois, le détester et l'adorer. Il n'appartient qu'à la démocratie de prononcer, sur ce phénomène historique de l'empire, le jugement définitif. Les deux émotions de la bourgeoisie devant Napoléon sont représentées par ces deux historiens : ils ne se démentent pas, il se complètent. Vous trouverez chez l'un et chez l'autre le même fonds d'idées, les mêmes préoccupations politiques, la même infatuation parlementaire.

2t>0 h^ FÉDÉHÂUSME

Il y a peut-être, j'y insiste, chez M. Lanfrey, un accent un peu plus marqué de liberté religieuse : il ose être presque gallican! son Histoire des papes sentencieuse et dogmatique, gravement insigniflante, écrite fians cette belle sobriété qui bannit le mouvement et la couleur, la vie, est presque un manifeste : c'est la pensée des Révolutions d'Italie d'fldgar Quii^et, reprise, modérée, assagie par un bon esprit calme qui ne donne pas dans les grandçs visées de ces esprits ambitieux, exagérés et excessifs.

Les efforts da^la démocratie qui s'essaye et se cherche par des hérésiarques comme Brueys et Arnaldo de Brescia, par ces tribuns comme Rienzi et Savonarole, sont traités de haut dans ce livre qui veut être magistral et impérieux." Par exemple, à propos de Savonarole : « on aurait peiné à expliquer la faveur que ce sermonneur imbécile a rencontrée chez les historiens de notre temps sans les analogies qu'il présente avec certaines écoles démopratiques tout aussi impuissantes. L'historien lefe condamne sommairement et brièvement; et ses jugements souverains affectent la rigueur et l'austérité d'une formule. »

Ce sont là de purs mots ; mais, à ne pas comprendre de tels l^ommes qui sont morts pour de belles espérances, on s'expose à mériter l'épithète injurieuse dont on ose se servir envers eux.

Pour M. Lanfrey, la démocratie n'est qu'une utopie maladive. Il croit voir en Napoléon ; c'est pour cela qu'il le déteste.

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