‹ Le fédéralismeChapitre 14 sur 160 · PRÉFACE XXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXIX

qu!, selon eux, ne vaudront pas mieux que le catholicisme lui-môme. Peiit-ôtre ont-ils raison au point de vue particulier de la philosophie ; mais ce n'est point de cet angle-là qu'il convient de consi-

dorer la question : c'est de Tarigle de la politique.

L'unité de l'Eglise rompue, le salut du monde est plus qu'à moitié assuré. Les sectes, égales entre elles et aux autres qui déjà se disputent le monde, seront, comme celles-ci, en proie à la libre discussion. Elles se défendront alors non plus par la force et par l'habitude plus immorale eftcofe que la force, mais par leur mérite propre et l'efficacité de leur vertu sur l'âme et sur la conscience de leurs fidèles.

Sans doute, nous verrons reparaître les sectes orgiaques dont les mystères ridicules ou ignobles ont avili et diffamé la fin du paganisme. Tout ce que contient de superstitions le catholicisme désagrégé s^exhalera de sa mort et pullulera en masses épaisses, qui s'éparpilleront dans le vent comme une épidémie. Ne nous laissons pas trop aller à l'étonnement et au dégoût. Une bonne hygiène morale suffira alors à préserver du fléau les âmes qui veulent décidément rester saines et résister à la poignante volupté de l'évanouissement mystique.

C'est cette hygiène morale qu'il faut découvrir et, au plus tôt, mettre en pratique. L'histoire, en nous faisant connaître le tempérament de ce

peuple, nous instruira, en môme temps, des remèdes, qui lui conviennent le mieux pour le rassainir et le rendre impénétrable aux mauvaises influences de l'atmosphère. Si la France sait se proposer un but c'ertain vers lequel elle tende énergiquement, elle échappera, par l'action, aux J langueurs du mysticisme qui va se répandre suf le monde. Si, au contraire, elle ne sait point se reprendre sur la fatalité qui la possède et qui l'obsède, elle deviendra ce que sont les cadavres abandonnés sans sépulture : l'horreur et l'infection des passants.

Mais que les forts et les hommes de bonne volonté se tranquillisent". Cette heure méphitique, incertaine, . épidémique serait de peu de durée. L"histoire, la science, la philosophie ont allumé dans le monde trop de foyers flamboyants pour que les ténèbres superstitieuses prévalent longtemps contre la lumière de la raison. Ces ténèbres auront un temps restreint pendant lequel elles ne posséderont point toutes les âmes. Quand elles se seront évanouies, l'homme qui se retrouvera libre, continuera, désormais sans caprices et sans incertitudes, sa route infinie dans le Progrès.

Mas de laLausetto. — Montpellier.

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