LIVRÉ CINQUIÈME
priété inaliénable et personnelle, la souveraineté temporaire et occasionnelle qu'ils ont reçue de la volonté populaire. Et voilà un parlement qui s'arroge d'administrer et de gouverner un peuple, sans que celui-ci ait plus le droit d'intervenir I Le voilà, encore une fois, qui réunit en ses mains tous les pouvoirs I Les contradictions de ces majorités capricieuses faites, défaites et refaites par l'intrigue et la vénalité seront imposées au peuple comme ta Légalité suprême et inviolable? Il n'aura qu'à se courber, rebellé s'il murmure, coupable de lèse-majesté s'il s'impatiente ?...
Est-ce là, véritablement, une représentation réelle? sincère? loyale même? Est-ce autre chose, à proprement parler, que l'escamotage de la Souveraineté populaire, une combinaison chimérique du gouvernement direct et de l'unité monarchique? Qu'est-ce donc, enfin, qu'une pareille Assemblée? Un Néron, un Caligula, un Elogabale monstrueux à cinq cents têtes hurlantes et voraces, se menaçant et se dépeçant les unes les autres, s'ofîusquant de vapeurs sanglantes et, des griffes crispées de ses mille pattes, se cramponnant au corps douloureux de la patrie 1.
Cette conception révèle encore le caractère intermédiaire et hybridç de la bourgeoisie. Et pourtant je n'ai considéré le régime représentatif que dans