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I . Ecrit en

272 LE FÉDÉHÂLISME

les progrès que lui a imposés Tinfluence des idées démocratiques, c'est-à-dire, déjà modifié par le suffrage universel. Le véritable idéal bourgeois, tel que la réaction moderne voudrait le restaurer, était le suffrage restreint qui réduirait le pays légal à quelques milliers de citoyens. Le travail et l'intelligence écartés de toute participation au gouvernement, frappés en quelque sorte, non-seulement d'incapacité mais d'indignité politique, formaient une plèbe sans nom et sans droit, soumise à la propriété et à l'agiotage constitués en aristocratie. Petit à petit, obligés, comme les colons sous l'empire romain, de se recommander d'un patron, le travail et l'intelligence eussent, en passant par la clientèle, descendu jusqu'au servage.

Aussi (et cela donne raison à notre ami Caveyrac), la bourgeoisie restaurait l'ancien chaos impérial d'où l'invasion barbare a fait sortir la féodalité. Mais elle comptait bien qu'un pareil tumulte de nations, qu'elle regardait comme impossible dans les conditions historiques actuelles, ne viendrait point, cette fois, lui enlever le bénéfice de la transformation politique et sociale qu'elle préparait.

La féodalité, dissimulée habilement sous dos mots nouveaux, serait reconstituée à son profit et à sa gloire. Ce rêve, si impossible qu^'il nous paraisse, ne fut pas loin de se réaliser :'le suffrage universel, en appelant toute la masse de la nation à la vie politique, nous a sauvés.

Mais, loin d'avoir fini son œuvre, c'est à peine si

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