LIVRE CINQUIÈME
nous, quelque chose de Tairoce langage de Tlnquisilion. Sans doute,, ils n'ont point, comme certains scribes ecclésiastiques, poussé la haine du vaincu jusqu'au blasphème de l'humanité même; ils ont plaint les massacres et les ruines; ils s'en sont indignés ; car, malgré l'erreur de leur système ou de leur tempérament, encore catholique quoiqu'ils en aient, ils sont restés des hommes; mais, s'ils blâment l'horreur des tortures prodiguées par le génie féroce de Rome, ils applaudissent à la conquête : « La vic- <c toire de Rome €(t de la France était dans les plans « providentiels ^ » Ils accordent leur pitié aux ruines matérielles, et n'ont point d'émotion pour le désastre des idées et l'âpre déroute des esprits. Mal informés sur les doctrines et sur les hommes, ils les outragent naïvement ; ils traitent comme une sorte de truandaille affolée et équivoque les apôtres de confessions qu'ils n'ont pas approfondies, embrigandent dans des troupes vagabondes les tristes « faidits » qui allèrent cacher dans les rocs et dans les montagnes la dernière pensée de leur Patrie proscrite. Michelet lui-même est d'une légèreté injuste et bien cruelle. « Le Midi, s'écrie-t-il, délirait avant de mourir. » Ainsi il méconnaît la cause même de la Liberté dans la diversité de ces sectes qui, toutes, travaillaient à désagréger l'unité despotique et formidable de l'Eglise. Que dirai-je? Ils se félicitaient tous