H. Martin
comme d'un grand bienfait, de la ruine de cette jeune société toléranl-e, artiste, déjà républicaine, qui eût épargné à la Race Latine les siècles ténébreux et macabres où Tenfouma, en la flagellant, la victoire mutuelle de TEglise et de la Royauté.
Par quelle inconséquence les écrivains qui, dans le présent, combattent virilement la noire menace cléricale, sont-ils, dans le passé, si indulgents aux criminelles entreprises de l'Eglise? et comnaent ne voient-ils pas que justifier, une minute, l'effroyable domination dans laquelle elle s'est élevée au-dessus des peuples, c'est l'autoriser à la réclamer aujourd'hui comme une propriété légitime dont elle aurait été dépouillée frauduleusement? Ce n'est pas seulement dans le présent qu'il faut attaquer « l'ennemie » : c'est dans l'histoire ; affirmons-le donc : Jamais l'Eglise n'a eu aucun droit à la conquête ni à » l'administration des esprits ; tout ce qu'elle a tiré à elle du gouvernement du monde a été dol et usurpation. A aucun moment des siècles, son autorité n'a été profitable à la civilisation*ni au progrès. Son origine même n'est point chrétienne, mais impériale : ce n'est point le Christ qui l'a fondée, c'est le César: elle n'est qu'un christianisme façonné et déflguré à la ressemblance du génie oriental de la tyrannie byzantine. Ce n'est point chez elle qu'il faut aller écouter l'écho prolongé de la parole évangélique ; mais dans les hérésies qu'elle a condamnées, chez tous ces apôtres, chez tous ces prophètes auxquels ses tortures et ses bûchers ont fait expier le rêve pré-