‹ Le fédéralismeChapitre 35 sur 160 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

châtiment; Textinction de cette race affolée, ébahie, est un moment nécessaire de l'évolution historique contre laquelle, si présomptueusement, elle se roiditi Donc, nous n'avons qu'un devoir en tout ceci; il est nettement tracé : c'est dé hâter ce moment pour faire cesser au plus tôt le scandale auquel nous assistons, et qui, en se prolongeant, mettrait en péril la conscience et l'intelligence humaines. Il ne faut pas que cette lutte s'éternise de peur qu'elle ne fasse entrer les nations dans quelque phase sombre et douloureuse, comparable à certains siècles du Moyen Age. Tout retard quelconque apporté à la réalisation de la promesse nouvelle se: rait une calamité pour l'humanité tout entière, aventurée dans une série d'actions et de réactions qui reculeraient incessamment la victoire définitive où il lui sera donné enfin de se reposer.

Il faut que la Révolution, préparée depuis tant de siècles et que tant d'héroïques générations ont alimentée de leur âme, se définisse au XIX® siècle, se connaisse, s'affirme, s'accomplisse. Les individus, quels qu'ils soient, si petits qu'ils se supposent, peuvent beaucoup pour cette œuvre. D'ailleurs, chacun de nous est-il bien sûr d'être seul? Ne contientil pas, résumée et condensée en lui, la vertu, sans cesse accrue, de tous ceux qui ont combattu, avant lui, le bon combat delà Justice etde la Liberté? — Sus donc! Au travail! Que tous ceux qui se sentent au cœur quelque charité envers l'espèce humaine viennent franchement, sincèrement, proposer ce qu'ils

croient utile pour fortifier la Révolution et hâter ses progrès.

J'ai peut-être partagé un moment quelques-unes des illusions que je combats ; mais le spectacle de la dernière réaction qui s'est emparée des affaires françaises depuis i870, m'a convaincu que^ pour triompher, la Révolution doit abandonner les formules étroites où elle s'est plu jusqu'à présent, et qui sont comme autant de langes trop serrés dont elle a été gônée et presque déformée dans son développement et jusque dans son organisme. Elle doit, désormais, opposer aux ennemis, coalisés contre elle, un esprit sinon nouveau, au moins accru et renouyelé par une intelligence plus large et plus profonde de sa force et de sa destinée. Ce qui implique une plus grande connaissance de son origine et de son histoire, c'est-à-dire qu'il lui importe, avant tout, de ne plus s'ignorer ni se mépriser elle-même, comme elle Ta fait trop souvent, dans aucun des moments qui composent son unité, ni dans aucune des idées qu'elle a révélées à chacune de ses évolutions. C'a été, et c'est encore son grand malheur, de se montrer étrangère et presque hostile à tel parti en qui elle s'était magnifiquement affirmée, et dont Faction sur le monde est encore une de ses vertus. L'époque des systèmes est finie pour la Révolution ; elle n'est plus assez jeune pour se divertir d'utopies charmantes dont le mirage attirait son attention trop au-delà de la réalité présente. Avant de décider la-, quelle est la vraie de toutes les visions dont elle

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