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quatrième ordre, dont n'a point parlé Sieyès et qui est le fonds même de la population française. La bourgeoisie, qui ne forme point une race, qui est la mixture de plusieurs races, a eu sur tout cela — dans les grands hommes qui sortent d'elle, mais qui la dépassent, — des visées qu'elle a été incapable d'approfondir et surtout de réaliser. Je ne veux point résumer ici le livre que l'on va
lire. Je m'efforce seulement d'en faire comprendre la marche et la portée : il est l'affirmation historique d'un principe que certaines gens admettent volontiers pour les autres peuples et qu'ils repoussent pour la France. Quand même la fusion que Ton suppose se serait établie entre les différentes races de la France, il ne s'ensuivrait pas rationnellement que la liberté dut être refusée aux communes et aux provinces, et que l'unité etnographique dût, non plus, s'incarner aux yeux de tous, dans l'unité gouvernementale et administrative. Mais cette fusion n'existe pas, et la diversité des races est attestée par l'histoire, dont le témoignage vaut bien quelque chose, et par les caractères très-différents qui distinguent les Français des diverses régions du territoire. C'est pour cela que la scène de mon concile, si l'on permet cette expression, a été placée dans le Midi. Je n'ai point seulement cédé, et le motif cependant eut été suffisant, à ma sympathie pour la région méri-
VIll LE FÉDÉHALÏSME
dionale, à laquelle j'appartiens par mon nom, par le sang paternel et par la résidence. J'ai développé mon idée à travers des dialogues de méridionaux, parce que le Midi est,^de tous les peuples de la France, celui qui a conservé la conscience la plus vive de sa race et de sa nationalité particulières. Je n'ai pas dû être arrêté parles déclamations banales d'un certain parti, qui n'est plus à qualifier, et qui s'empresse de calomnier et de dénoncer à l'opinion des imbéciles, capables de le croire, tout désir et toute espérance de liberté locale. Au'dernier siècle, les préventions ou la mauvaise foi des Jacobins accusaient le fédéralisme de je ne sais quel monstrueux projet de diviser la France pour y rétablir la monarchie. Cela a valu aux Girondins qui, malgré des fautes indiscutables, sont nos aïeux — et sur lesquels d'ailleurs les écoles jacobines et les écoles libérales ont, de concert, avec la même hypocrisie, trompé odieusement l'opinion publique, — cela, dis-je, a valu à ces ancêtres d'être guillotinés, sans même avoir pu se défendre, ou de mourir, fugitifs, et traqués, dévorés par les loups! Mais, malgré la centralisation efTroyable que nous avons vue à l'œuvre et qui n'a su défendre la France, qu'elle seule prétend défendre, ni en 181S ni en 1870, la véritable idée de la Révolution a fait son chemin dans les esprits. Des sophistes affectent bien de confondre