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LIVRE TROISIÈME

pégulièrement, avec la précision constatée dans les phétiomènes naturels. L'homme est une volonté, c'est-à-dire une liberté qui a ses défaillances et ses renoncements. Non-seulement, ses efforts peuvent le lasser, mais les clartés de Tintelligence et de la conscience ayant vacillé en lui, il peut employer ce qui lui reste de puissance à sa décadence et à sa porte. L'homme est l'ouvrier responsable de sa propre destinée.

Chacun a sa part de coulpe dans les défaites de sa cause et dans la corruption de son temps. Les idées ne sont que dêins l'homme ; c'est par l'homme seul qu'elles sont actives et vivantes. Elles ne. sauraient se définir ni se réaliser hors de lui ni dans lui. C'est pourquoi, si le génie de l'hqmme est dans la pensée, toute sa vertu est dans l'action.

Qui ne voit que le^ conclusions de ce système sont tout autres? N'est-il pas vrai que, si je l'accepte, je considérerai' comme premier devoir ce devoir, qui est le principe de mes droits, d'associer ma force aux forces qui transforment, autour de nous, le monde selon notre idéal. Ces forces qui s'harmonisent dans l'unité de la volonté, formeront la force collective qui, tôt ou tard, réalisera ce que nous aurons décidé et fondera la justice, le jour où nous voudrons sérieusement que la Justice soit.

L'intrusion funeste des conceptions, des méthodes et de la phraséologie scientifiques dans les choses de la philosophie et de l'histoire, en pervertissant ridée de pro.e^rès, n'a pas peu contribué h notro por-

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turbation. morale. En assimilant l'homme à une figure dç géométrie ou à une force mécanique, on a intéressé sa lâcheté h renier Tintelligence et la conscience qui protestaient en lui. Dès lors, il a mis toute sa vanité à se dénaturer, à se détruire luimôme, à défaire en lui le lent ouvrage des siècles, son humanité même. Pour retrouver la paix et le sommeil des choses qui végètent à demi-vivantes d'une vie obscure et confuse, il s'est mis à redescendre l'abîme dont avec tant de peine il était sorti

portant encore sur lui, lourdement, lo limon de son origine.

C'est là son péril et celui du monde. Car Tàntiquc Fatalité, restreignant autour de l'homme et dans l'homme même les conquêtes de sa liberté, îe ramènerait de régression en régression vers la brute qu'il fut autrefois ; de la brute; l'attirerait vers les torpeurs de la vie végétale ; et enfin l'engloutirait, comme dans une mort irréparable, dans le mystère des origines. Chimère, dira-t-ôn. Sans doute ! Pour que l'humanité se défît ainsi, il faudrait, de sa part, un renoncement à sa destinée. Mais ce qui est impossible pour l'humanité en masse, est possible pour certaines familles, certains peuples et certaines races. Que senties tribus sauvages, que le xvru® siècle admirait naïvement comme des débris vivants des peuples primitifs, sinon peut-être les* restes d'une humanité déchue qui recule dans la nature et se meurt d'hébétement et de consomption?

De \h se déduit le devoir de chacun; c'est d'aspi-

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