‹ Le fédéralismeChapitre 73 sur 160 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

« autre chose n'existait d'actif. Lia eut cette pensée : « Je veux créer des mondes. C'est ainsi qu'il créa « des mondes, l'eau, la lumière, les mortels et les « eaux. Cette eau est la région au-dessus du ciel, « que le ciel soutient; l'atmosphère contient la lu- « mière; la terre est mortelle, et les régions au- « dessous sont les eaux. Après quoi, il créa des gar- « diens du monde. Ainsi il tira des eaux et forma un « être revêtu d'un corps (Purusha, une forme hu- (( maine). Il le vit, et de cet être ainsi contemplé la « bouche s'ouvrit comme un œuf: de la bouche sor- « tit la parole, de la parole procéda le feu : les nari- « nés s'étendirent; par les narines, le souffle de la ' « respiration passa; par le souffle de la respiration, <f l'air fut propagé. Les yeux s'ouvrirent; de ces « yeux sortit un rayon lumineux; de ce rayon lumi- « neux fut produit le soleil. Les oreilles se dilatè- (( rent; de ces oreilles vint l'ouïe; de l'ouïe vinrent « les régions de l'espace. La peau s'étendit; de la « peau sortit le poil; du poil furent produits les her- « bes et les arbres. La poitrine s'ouvrit : de la poi- « trino procéda l'esprit, et de l'esprit la lune. Le « nombril s'épanouit; du nombril vint la dégluti- « tion, et de la déglutition la mort. L'organe de la « génération apparut : de cet organe s'écoula la sc- « mence productive... de là les eaux... Les déités, u ainsi formées, vont vers Lui : elles Lui demandent « d'être enfermées dans une plus petite dimension, u // leur offrit la forme d'une vache, qu'elles ne trou- « vent pas suffisante, et ensuite celle de l'homme,

« qu'elles acceptent. — Lui leur fit accepter leurs a places respectives. Le feu, devenant la parole, en- « tra dans la bouche; l'air, devenant souffle, pénétra « dans les narines ; le soleil, devenant vue, pénétra « dans les yeux; l'espace devint ouïe et pénétra les u oreilles; les herbes et les arbres devinrent les chc- « veux et le poil et remplirent la peau. La lune, de- « venant esprit, entra dans la poitrine. La mort, de- « venant la déglutition, pénétra dans le nombril; cl « l'eau devint la semence productive et occupa l'or- « gane de la génération i. »

Rien de plus magnifique ne peut être imaginé pour symboliser cette idée : que toutes les qualités successives de l'univers, qui est l'homme infini, se sont concentrées dans Thomme, qui est l'univers abrégé. Mais, dans cet abrégé, elles acquièrent la conscience de soi-même, qu'elles ne possédaient point dans la confusion de l'univers : — que disons-nous de plus aujourd'hui? Nous le disons autrement : voilà toute la différence.

De môme, que signifie le mythe de l'Hanoumat, sinon l'ascension progressive de l'homme jusqu'à son assimilation à Dieu, en qui, finalement, il s'évanouit? Le singe, qui joue de la Vina au fond des forêts crépusculaires, et qui invente le troisième système musical, ne doit-il pas, en effet, au bout du Kalpa actuel, après de lentes métamorphoses, échan-

1. Aitaréya-A' ran' yaka, liv. II, v. (Livres sacrés de V Orient, par Guillaume Pauihier.)

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