LIVRE TROISIÈME
un nouveau symbolisme, c'est-à-dire dans une nouvelle religion doi>t les éléments sont tous présents autour de nous, et dont le principe est latent au fond même de nos négations.
— « Une religion ! hurla Carascause comme si on Teût blessé^ qu'entendez-vous par là ?
— « J'entends un idéal, répondit Lhoras.
— « Un idéal, adoré dans des temples et servi par des prêtres ?
— « Point : — un idéal, qui soit la formulp de la conscience humaine, qui soit réalisé par l'Art et entretenu, dans une éternelle progression, par le concours fraternel des Savants et des Artistes.
— « Vous confondez la religion et la poésie, alors ?
— « Je ne les confonds pas .; c'est elles-mêmes qui fendent mutuellement à s'absorber l'une dans l'autre, jusqu'à ne faire qu'un. Le sentiment religieux n'est pas autre chose que le sentiment esthétique. Le poëte et l'artiste sont des révélateurs en ce sens que, par Vexpression^ ils révèlent à la foule, les idées et les sentiments qui la tourmentent et la passionnent, sans qu'elle puisse se les expliquer à ellemême — que pouvez-vous trouver de dangereux dans cette idée ? »
trVRE QUATRIÈME