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CHAPITRE II

L'alliance de la bourgeoisie et du peuple est-elle possible ? — Les races latines. — la hiérarchie fédéraliste. — Le cosmopolitisme est d'une charité trop universelle, et, pair cela même, chimérique. — Constellation fédéraliste. — Fédération ascendante et incessante des astres et des humanités. — Conséquences de la théorie darwinienne transportées dans les choses dé l'histoire humaine.

Le discours de Lhoras achevé, les discussions éclatèrent. Celui-ci approuvait tout à fait; celui-là faisait des restrictions ; un troisième le trouvait exagéré dans la forme, etc. Pavet, se démenant, s'écria que cela ne voulait pas dire grand'chose : « Déclamation ! disait-il ; idéologie! idéologie ! — A quoi bon aller chercher si loin les causes d'un fait qui nous crève les yeux?... Le fait est là, n'est-ce pas? Ça suffît, que diable ! — La bourgeoisie se meurt, la bourgeoisie est morte! — C'est bon. Qu'avait- il besoin d'en dire plus ? — A quoi sert de disserter à perte de vue et à perte d'haleine sur la maladie de quelqu'un qui se meurt ou qui est mort?

« — Bravo! lui répondait Aubrespy ironiquement; voilà parler en homme pratique! Désormais, les médecins se dispenseront d'étudier dans les cadavres l'action de la mort ; que leur servirait de connaître les causes et la marche des épidémies? A en préserver les vivants, diront-ils peut-être? Belle affaire ! idéologie 1

« — Le jeune homme a raison, Favet, intervint de Vallaure ; la mort a des secrets qui ne peuvent être indifférents aux vivants. Est-il inutile de savoir si le mal dont périt la bourgeoisie (car, moi, je ne la crois pas morte tout à fait) est un mal contagieux et irréparable ? S'il est contagieux, n'est-il pas bon de chercher par quelle médication ou quelle hygiène on pourra s'en garantir?

« — Eh ! té! dit Favet, c'est un mal de vieillesse ; connaissez-vous quelque remède contre celui-là?

« — Je vous prie de remarquer que vous aussi, vous attribuez une cause à l'agonie de la bourgeoisie ; vous ne vous contentez pas du fait seul, vous cherchez à l'expliquer. C'est donc avec raison que notre ami Lhoras s'enquiert aussi d'y trouver une cause. Je ne dis pas, d'ailleurs, qu'il n'y ait pas quelque chose à reprendre à tout ce qu'il a dit. Loin de là ! mais, à coup sûr, si son enquête n'est pas suffisante, elle est légitime !

Dans d'autres groupes, on tenait d'autres discussions. Doulouzargues secouait douloureusement la tête : « Non, non! la bourgeoisie n'est pas morte, disait-il; elle n'est pas morte! » Pour Malbosc aussi,

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