‹ Le fédéraliste (commentaire de la constitution des États-Unis) recueil d'articles écrits en faveur de la nouvelle constitution telle qu'elle à été adoptéeChapitre 13 sur 103 · PREFACE XXXV · texte numérisé non relu

PREFACE XXXV

rapport de Guadet, déféra le titre de citoyen français à une liste d'hommes célèbres qui commence par le nom de Priestley et finit par celui de Schiller : « Considérant que les hommes qui, par leurs écrits et par leur courage, ont servi la cause de la liberté et préparé l'affranchissement des peuples, ne peuvent être regardés comme étrangers par une nation que ses lumières et son courage ont rendue libre... Considérant que, s'il n'est pas permis d'espérer que les hommes ne forment un jour, devant la loi comme devant la nature, qu'une seule famille, une seule association, les amis de la liberté, de la fraternité universelle n'en doivent pas être moins chers à une nation qui a proclamé sa renonciation à toute conquête et son désir de fraterniser avec tous les peuples. » Or, sur la liste figuraient, à côté de Washington, deux des auteurs du Fédéraliste, Hamilton et Madison (1).

En 1793, il en fut autrement. La majorité de la Convention était hantée par le spectre du fédéralisme, et la doctrine américaine devenait suspecte par là-même. C'était l'époque où Saint-Just, à la tribune de la Convention, émettait sur les Etats-Unis cette appréciation de forme prophétique, où la guerre de sécession semble apparaître plus de soixante ans à l'avance :

« Cet Etat confédéré n'est point, en effet, une République ; aussi les législateurs du Nouveau Monde ont-ils laissé dans leur ouvrage un principe de dissolution. Un jour (et puisse cette époque être éloignée) un Etat s'armera contre l'autre, on verra se diviser

(1) Réimpression de Vaneien Moniteur, L. XIII, p. 040-1.

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