XXXVI PREFACE
les i*eprésentants, et rAmérique finira par la Confédération de la Grèce (i). »
Micbelet a même, dans son Histoire de la Rèvolutiouy attribué la condamnation de Brissotàson admiration pour le Fédéraliste, par une grossière méprise du tribunal révolutionnaire : « Ce qui est, dit-il, risible et triste, c'est que Brissot fut jugé fédéraliste, partisan du démembrement, parce qu'il avait loué le Fédéraliste, publication américaine en faveur de rUnité (2). » Y a-t-il là l'écho d'une tradition ? Nous l'ignorons ; mais nous n'avons rien trouvé de semblable ni dans le rapport de Saint-Just, du 8 juillet 1793, ni dans lacté d'accusation dressé par Amar, ni dans le compte rendu du procès, très ample, que publia le Moniteur. Voici simplement ce que l'on peut relever à cet égard. Le président du tribunal interrogeait Brissot au sujet de la « Constitution feuillantine de Condorcet » ; c'est ce qu'on appelle aujourd'hui le projet de Constitution girondine : « L accusé Brissot. — Cette Constitution était la plus démocratique qui ait jamais existé, et je pourrais citer celle des Etats-Unis, qui l'est bien moins qu'elle. — Le Président. La plus grande preuve que l'on puisse donner du projet qu'avaient les accusés de fédéraliser la République, c'est la citation que Brissot vient de faire de la Constitution des Etats-Unis, citation que les accusés faisaient sans cesse (3). »
Malgré les éloges de Talleyrand et de Guizot, rap-
(1) Réimpression de l'ancien Moniteur, t. XVI, p. 396.
(2) Histoire de la Uévolution française, édit. Marpon et Flammarion, t. VII, page 111, note i.
(3) Réimpression de l'ancien Moniteur, t. XVIII, p. 232,