CONTRE LES FACTIONS ET LES INSURRECTIONS /S
rêt général de la nation et de le poursuivre. La Constitution fédérative forme une heureuse combinaison à cet égard ; les intérêts généraux sont confiés à la législature nationale, les intérêts particuliers et locaux aux législatures des Etats.
L'autre différence est que dans une République, il y a un plus grand nombre de citoyens et un territoire plus vaste que, dans un gouvernement démocratique ; et c'est particulièrement cette circonstance qui rend les plans des factieux moins redoutables dans la république que dans la démocratie. Moins une société est étendue et moins nombreux sont les partis et les intérêts dilTérents qu'on y rencontre; moins il y a de partis et d'intérêts différents, et plus il y a de chances poLir que le même parti ait la majorité ; et plus est petit le nombre des individus qui composent la majorité, plus petite est Tenceinte qui la renferme, plus aisément elle peut concerter et exécuter ses plans d'oppression. Etendez sa sphère, elle comprendra une plus grande variété de partis et d'intérêts, vous aurez moins à craindre de voir à une majorité un motif commun pour violer les droits des autres citoyens, ou, s'il existe un tel motif commun, il sera plus difficile à ceux qui l'éprouvent de connaître leur propre force et d'agir de concert. Sans compter les autres obstacles, il est facile de voir que partout où se trouve la conscience d'un projet injuste ou malhonnête^ l'accord est toujours arrêté par la défiance, en proportion du nombre d'hommes dont le concours est nécessaire.
De là résulte évidemment que le même avantage qu'une République a sur une démocratie pour corriger l'effet des factions, est assuré à une grande République sur une petite ; à l'Union sur les Etats qui la composent. En effet, cet avantage consiste-t-il dans un choix de représentants que leurs lumières
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et leurs vertus rendent supérieurs aux préjugés locaux et aux plans de rinjustice? On ne peut disconvenir que la représentation de T Union ne soit la mieux en mesure de réunir ces qualités. Consiste-t-il dans la sécurité plus sérieuse qu'une plus grande variété départis apporte contre la possibilité de voir un parti opprimer le reste de la société par la supérioi'ité du nombre? Au même degré, la multitude de partis difîérents qui se trouvent dans FUnion, doit accroître encore la sécurité à cet égard. L'avantage consiste-t-il enfin dans les plus grands obstacles opposés au concert et à l'accomplissement des secrets désirs d'une majorité injuste et intéressée ? Ici encore, l'étendue de l'Union assure l'avantage le plus palpable. L'influence des chefs factieux peut allumer la discorde dans leurs Etats particuliers, elle ne pourra amener un incendie général dans les autres Etats ; une secte religieuse peut dégénérer en une faction politique dans une partie de la Confédération ; mais la variété des sectes répandues sur sa surface totale, met les Conseils de la nation à l'abri de tout danger à cet égard; la fureur pour l'établissement du papier monnaie, pour l'abolition des dettes, pour le partage égal des propriétés, ou pour tout autre projet absurde ou désastreux, s'emparera plus difficilement du corps entier de l'Union, que de l'un de ses membres particuliers ; de même qu'une maladie de ce genre peut infecter un Comté ou un District, plus aisément que la totalité d'un Etat.
Ainsi, l'étendue et la sage structure de l'Union, nous offrent, contre les maux qui affectent ordinairement un gouvernement républicain, un remède républicain. Aussi, plus le nom de Républicain nous inspire de satisfaction et d'orgueil, et plus nous de- A'ons avec zèle entretenir l'esprit et conserver le titre de Fédéralistes. • Publius.
Pour le Journal Indépendant.
LE FEDERALISTE, No XI
(lIAMILTOX)
Au Peuple de l'Etat de New-York :
Limportance de l'Union, relativement au commerce, est un des points les moins susceptibles de contestation et les plus généralement reconnus par tous les hommes connaissant le sujet. Elle intéresse notre commerce avec les nations étrangères, aussi bien que notre commerce intérieur.
Assez d'indices nous autorisent à croire que le caractère entreprenant, qui distingue le commerçant américain, a déjà fait éprouver quelque mécontentement aux puissances maritimes de l'Europe. Elles semblent craindre de se voir enlever par nous ce commerce de transport, qui est l'appui de leur marine et la base de leur force navale. Celles de ces puissances, qui ont des colonies en Amérique, prévoient avec une pénible inquiétude ce que peut devenir notre pays. Elles prévoient les dangers dont leurs possessions américaines peuvent être mena-
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cées, par le voisinage d'une nation qui a toutes les dispositions et qui possède tous les moyens nécessaires pour la création d'une marine puissante. Des impressions de ce genre leur imposeront naturellement le projet d'entretenir des divisions parmi nous et de nous empêcher, aussi longtemps que possiijle, de commercer activement sur nos propres vaisseaux.
Elles obtiendraient par ce moyen le triple avantage de nous mettre hors d'état d'entrer en rivalité avec elles pour la navigation, de monopoliser les profits de notre commerce et de briser les ressorts qui pourraient nous élèvera une grandeur redoutable. Si la prudence ne nous défendait pas d'entrer dans des détails, il ne serait pas difficile de montrer, par des faits, les agissements de cette politique dans les cabinets des ministres.
Si nous persévérons dans notre Union, nous pourrons faire échouer, par mille moyens, les efTorts d'une politique si ennemie de notre prospérité. Nous pourrons, par des règlements prohibitifs observés en même temps dans tous les Etats, obliger les nations étrangères à se faire concurrence pour obtenir la supériorité sur nos marchés. Cette assertion ne paraîtra pas chimérique à ceux qui seront en état d'évaluer le prix que peut avoir, pour toute nation manufacturière, le commerce avec un peuple de trois millions d'hommes, qui s'accroît dans une progression rapide, qui, pour la plus grande partie, se livre exclusivement à l'agriculture, et qui, pour des circonstances locales, restera longtemps enco^^e dans cette situation ; quelle différence il y a, pour le commerce et la navigation de toute puissance européenne, entre communiquer directement avec l'Amérique sur ses propres vaisseaux, ou envoyer ses productions et en recevoir la valeur indirectement par les vaisseaux d'une autre nation. Supposons, par
POUR LE COMMERCE ET LA MARLNE 7îj
exemple, que nous ayons en Amérique un gouvernement en état d'exclure de nos ports l'Angleterre — avec qui nous n'avons pour le moment aucun traité de commerce — quel serait l'effet probable de cette mesure sur sa politique ? Ne nous permettrait-elle pas de négocier avec les plus grandes cbances de succès pour obtenir les privilèges commerciaux les plus avantageux et les plus étendus, dans toutes les possessions de ce royaume? On a fait, à ces questions, des réponses plus spécieuses que solides et satisfaisantes. On a dit que des prohibitions de notre part ne changeraient rien au système des Anglais, parce qu'ils pourraient continuer leur commerce avec nous, par l'intermédiaire de la Hollande, qui leur achèterait et leur payerait immédiatement les objets nécessaires à l'approvisionnement de nos marchés. Mais leur navigation ne recevrait-elle pas un coup funeste, par la perte de l'important avantage d'être, dans ce commerce^ leurs propres transporteurs? La plus grande partie des profits ne serait-elle pas interceptée par les Hollandais, en compensation de lears peines et de leurs dangers? La seule circonstance du fret n'occasionnerait-elle pas une perte considérable ? Un commerce entretenu par une route si détournée ne faciliterait-il pas la concurrence des autres nations, en faisant hausser le prix des marchandises et en faisant passer en d'autres mains cette branche importante du commerce britannique?
En réfléchissant mûrement à tous ces points, on se convaincra que les désavantages réels que ferait éprouver à l'Angleterre un tel état de choses, sans compter la prédilection d'une grande partie de la nation pour le commerce américain, sans compter les réclamations des îles des Indes occidentales, amèneraient un grand adoucissement dans leur système actuel et nous feraient obtenir des privilèges
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sur les marchés do ces îles et d'ailleurs, privilèges qui seraient pour notre commerce une source d'importants bénéfices. Cet avantage une fois obtenu du gouvernement anglais, — et qui ne pourrait être obtenu que par des exemptions et des immunités équivalentes sur nos marchés, — produirait vraisemblablement le même effet sur la conduite des autres nations, qui ne seraient pas disposées à se voir supplanter dans le commerce qu'elles font avec nous.
Un nouveau moyen d'influencer l'attitude des nations européennes à noi^e égard, résulterait de l'établissement d'une marine fédérale. Nul doute que le maintien de l'Union, sous un gouvernement énergique, ne nous mit bientôt en état de créer une marine qui, inférieure peut-être à celle des grandes puissances maritimes, serait du moins d'un poids respectable dans la balance entre deux nations belligérantes. Cela arriverait, en particulier, en cas de guerre dans les Indes occidentales. Un petit nombre de vaisseaux envoyés à propos au secours de l'une des parties, suffirait souvent pour décider du sort d'une campagne d'où dépendraient des intérêts de la plus haute importance. Notre position nous assure à cet égard une grande influence. Si, à cette considération, nous ajoutons l'utilité dont peuvent être des vivres fournis par ce pays pour la poursuite des opérations militaires dans les Indes occidentales, nous reconnaîtrons aisément qu'une situation si heureuse peut nous mettre à même de négocier avec un grand avantage pour obtenir des privilèges commerciaux. On mettrait un prix, non seulement à notre amitié, mais même à notre neutralité. En adhérant fermement à l'Union, nous pouvons espérer devenir, d'ici peu, les arbitres de l'Europe en Amérique, et être à même de faire pencher la balance des compétitions européennes dans cette partie du
monde, du côté le plus favorable à nos intérêts.
Au lieu de cette heureuse situation, il est aisé de voir que les rivalités des Etats séparés les enchaîneraient dans tous leurs mouvements et les priveraient de tous les séduisants avantages que la nature a, par une bonté particulière, placés à leur portée. Dans cet état d'impuissance, notre commerce serait en proie aux capricieuses entreprises des nations en guerre. N'ayant rien à craindre de nous, elles subviendraient, sans scrupule ni remords, à leurs besoins par le pillage de notre propriété, aussi souvent qu'elle se trouverait sur leur chemin; les droits de la neutralité ne sont respectés que lorsqu'ils sont défendus par un pouvoir suffisant. Une nation, méprisable par sa faiblesse, perd même le privilège de j^ester neutre.
Sous un gouvernement national énergique, la force naturelle et les ressources du pays, dirigées vers un but commun, pourraient faire échouer tous les plans concertés par la jalousie européenne pour arrêter nos progrès.
Cette situation pourrait même leur ôLer jusqu'à l'idée de faire ces combinaisons, en leur démontrant l'impossibilité de les faire réussir. Alors la nécessité morale et physique nous assurerait un commerce actif, une navigation étendue, une marine florissante. Nous pourrions défier les petites manœuvres faites par de petits politiciens pour contrôler ou détourner le cours irrésistible et invariable de la nature.
Au contraire, dans un état de désunion, ces combinaisons peuvent être conçues et s'exécuter avec succès. Les nations maritimes pourraient se prévaloir de notre impuissance absolue, pour nous dicter les conditions de notre existence politique ; et comme elles ont intérêt à être nos transporteurs et surtout à nous empêcher d'être les leurs, elles chercheraient vrai-
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semblablement à gêner notre navigation jusqu'au point de la détruire, et à nous réduire à un commerce passif. Ainsi nous serions forcés de nous contenter uniquement du prix de revient de nos produits, et de voir les profits de notre commerce enrichir nos ennemis et nos persécuteurs. Cet esprit extraordinaire d'entreprise, qui caractérise le génie des marchands et des navigateurs américains, qui est une source inépuisable de richesse nationale, serait à jamais anéanti et perdu pour nous ; la pauvreté et la honte couvriraient un pays qui, s'il agit avec prudence, peut mériter l'admiration et l'envie du monde.
Il existe des droits d'une grande importance pour le commerce de l'Amérique, droits qui appartiennent à l'Union. Je veux parler de la pêche, de la navigation sur les lacs de l'Ouest et sur le Mississipi. La dissolution de la Confédération ferait naître des questions délicates sur l'existence future de ces droits. Ce serait l'intérêt de nos adversaires plus puissants de les décider à notre désavantage. Les sentiments de l'Espagne, à l'égard du Mississipi, n'ont pas besoin de commentaire. La France et l'Angleterre sont intéressées comme nous dans la pêche, et la regardent comme un objet important pour leur navigation. Verraient-elles longtemps, d'un œil indifférent, notre supériorité, démontrée par l'expérience, relativement à cette précieuse branche de commerce, et qui nous met à portée de vendre à plus bas prix qu'eux sur leurs propres marchés ? Ne seront-elles pas, naturellement, disposées à écarter de la lice d'aussi dangereux rivaux?
Cette branche de commerce ne doit pas être considérée comme un avantage particulier à quelques Etats. De tous les Etats qui se livrent à la navigation, il n'en est aucun qui ne puisse y participer avec plus ou moins de succès, et si l'accroissement
des capitaux employés au commerce le.pisrmettait,^ ils s'y livreraient sans doute. La pêche est maintenant une pépinière pour les marins, et CfWÇtd le temps aura répandu les principes de la navigatl'oadans les différents Etats, elle deviendra une ressource universelle. Pour l'établissement d'une marine, elle est essentielle.
Ce but si important pour la nation, l'établissement d'une marine, l'Union nous y mènera par différents chemins. Chaque institution s'accroît et prospère en raison de la quantité et de l'étendue des moyens employés pour la former et pour la soutenir. Les Etats-Unis, qui réunissent les ressources de tout le corps fédératif, peuvent avoir une marine beaucoup plus tôt qu'un Etat particulier, ou qu'une Confédération partielle, qui n'aura que des ressources partielles. Sans doute, il est différentes parties de l'Amérique confédérée, qui jouissent de quelques avantages particuliers pour cet établissement essentiel. Les Etats du Sud produisent en plus grande quantité plusieurs espèces de munitions navales : goudron, poix et térébenthine. Leur bois de construction est d'une texture plus serrée et plus solide. La différence dans la durée des vaisseaux dont la marine peut se composer, s'ils sont construits principalement avec des bois du Midi, serait d'une grande importance, tant pour la force navale que pour l'économie nationale. Quelques-uns des Etats du Sud et du Centre ont des mines de fer plus abondantes et d'une qualité supérieure. La race septentrionale fournit de meilleurs marins. La nécessité do protéger le commerce extérieur maritime par une marine et l'influence de ce genre de commerce sur la prospérité de la marine, sont des vérités trop évidentes pour avoir besoin d'une démonstration particulière.
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Un commerce libre entre les Etats eux-mêmes étendra le commerce de chacun par rechange de leurs produits respectifs, non seulement pourleurs besoins personnels, mais aussi pour Texportation sur les marchés étrangers. Le commerce s'enrichira par mille canaux, et acquerra une activité et une vigueur nouvelle par une libre circulation des marchandises de tous les pays. Les entreprises commerciales acquerront beaucoup plus d'étendue par la variété des productions des différents Etats. Quand le marché d'un Etat manquera à la suite d'une mauvaise récolte, il cherchera du secours dans le marché de l'Etat voisin. La variété, non moins que la valeur des marchandises exportées, contribue à l'activité du commerce extérieur. On y réussit mieux avec un grand nombre d'articles d'une valeur donnée, qu'avec un plus petit nombre d'articles d'une valeur égale ; cela tient à la concurrence et aux fluctuations des marchés. Tel article est d'un grand débit à un moment, et ne se vend pas à un autre ; mais si on a soin de réunir une grande quantité d'objets, il arrive rarement qu'ils se trouvent tous à la fois dans le dernier cas ; par ce moyen, les opérations du commerçant sont moins exposées à éprouver de la gêne ou à rester dans un état de stagnation. Tout homme accoutumé à des spéculations de commerce saisira, du premier coup d'œil, la force de ces observations, et reconnaîtra que la balance du commerce général des Etats-Unis doit être plus favorable que celle de Treize-Etats isolés ou réunis en des Confédérations partielles.
On répondra peut-être que les Etats, unis ou séparés, auront toujours entre eux d'étroites relations, qui produiront, dans les deux cas, les mêmes effets; mais ce commerce sera enchaîné, interrompu, resserré par une foule de causes qui ont été amplement
détaillées dans le cours de ces articles. L'unité da goiivernemont peut seule produire l'unité dans les intérêts commerciaux et politiques.
11 est d'autres points de vue sous lesquels ce sujet peut être envisagé et qui doivent inspirer autant d'attention que d'intérêt. Mais ils nous mèneraient trop loin dans l'avenir et nous entraîneraient à des sujets de discussion déplacés dans un journal.
Je ferai observer, en quelques mots, que notre situation nous invite et que notre intérêt nous pousse à nous assurer une influence réelle dans les affaires de l'Amérique. Le monde peut être divisé politiquement, comme géographiquement, en quatre parties dont chacune a des intérêts distincts. L'Europe, pour le malheur des trois autres, les a toutes, à des degrés divers, soumises à son empire par ses armes et ses négociations, par la force et par la fraude. L'Afrique^ l'Asie, l'Amérique sont successivement tombées sous sa domination. La supériorité que l'Europe a depuis si longtemps conservée l'a disposée à se regarder comme la Maîtresse de l'univers, et à croire le reste du genre humain créé pour son utilité. Des hommes, admirés comme de grands philosophes, ont positivement attribué à ses habitants une supériorité physique, et ont sérieusement assuré que tous les animaux, ainsi que la race humaine, dégénéraient en Amérique ; que les chiens même perdaient la faculté d'aboyer, après avoir respiré quelque temps dans notre atmosphère (i).
Les faits ont trop longtemps appuyé ces arrogantes prétentions des Européens. C'est à nous à relever l'honneur de la race humaine et à faire connaître la modération à des frères usurpateurs. L'Union nous en rendra capables. La désunion pré-
(l) Recherches 2^hilosophiques sur les Américains. — Publics.
86 UTILITÉ DE l'union POUR LE COMMERCE
parerait une nouvelle victime à son triomphe. Que les Américains se lassent enfin d'être les instruments de la grandeur européenne ! Que les Treize-Etats, réunis dans une étroite et indissoluble Union, concourent à la formation d'un grand système américain qui soit au-dessus du contnMe de toute force ou de toute influence européenne, et qui lui permette de dicter les termes des relit tions entre l'ancien et le nouveau monde !
PUBLIUS
Du Neiv-York Packel, mardi 21 novembre 1781
LE FÉDÉRALISTE, No XII
(hamilton)
Au peuple de VEtat de Neic-York :
Les effets de l'Union sur la prospérité commerciale des Etats ont été saffisamment indiqués. Son utilité pour l'intérêt des finances doit nous occuper maintenant.
Laprospéritédu commerce est aujourd'hui regardée etreconnue par tous les hommes d'Etat éclairés comme la source la plus précieuse et la plus féconde de la richesse nationale; ils en ont fait, en conséquence, le principal objet de leurs soucis politiques. En multipliant les moyens de faire des bénéfices, en facilitant l'introduction et la circulation des métaux précieux, ces objets favoris de l'avarice et des efforts des hommes, le commerce contribue à vivifier, à raffermir les canaux de l'industrie, et à y entretenir l'activité et l'abondance. Le marchand diligent, le fermier laborieux, l'artisan actif et l'industrieux manufacturier, enfin les hommes de toutes les professions,
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en songeant à la douce récompense de leurs peines, s'animent d'une ardeur et d'une joie nouvelle. La question si souvent agitée sur la préférence due au commerce ou à Tagricalture, a été décidée par une expérience infaillible ; leur rivalité a cessé ; il a été reconnu, à la grande satisfaction de leurs partisans, que leurs intérêts étaient intimement unis et confondus. On a trouvé dans différents pays que la terre augmentait de valeur en proportion de la prospérité du commerce. Et comment pourrait-il en être autrement? Le commerce qui facilite la vente des produits de la terre, qui donne de nouveaux motifs d'ardeur au cultivateur, qui est le plus puissant moyen pour augmenter la quantité du numéraire dans un pays, enfin qui favorise si visiblement l'activité et l'industrie sous toutes ses formes, peut-il manquer d'augmenter la valeur de la terre qui est la source féconde des objets sur lesquels s'exercent cette activité et cette industrie. Il est étonnant qu'une vérité si simple ait pu trouver des adversaires, et cette nouvelle preuve, au milieu de mille autres, fait voir à quel point une défiance peu éclairée, ou des abstractions trop métaphysiques et trop subtiles, peuvent détourner les hommes des vérités les plus certaines de la raison et de l'évidence.
La facilité qu'a un pays de payer les impôts, est toujours, en grande partie, proportionnée à la quantité d'argent en circulation et à la célérité avec laquelle il circule. Le commerce qui contribue à ces deux objets doit nécessairement faciliter la perception des impôts et procurer au Trésor public les ressources dont il a besoin. Les Etats héréditaires de l'Empereur d'Allemagne forment un territoire étendu, fertile, cultivé et peuplé, situé en grande partie sous un climat doux et productif. Dans quelques parties, on trouve les plus riches mines d'or et