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mais comme à Tabri du contrôle d'un supérieuicommun surveillant leurs efforts pour empiéter sur leur autorité réciproque. Il faut rappeler à ces adversaires leur erreur. 11 faut qu'ils sachent que l'autorité suprÔQie — quelle que soit l'autorité déléguée — réside dans le peuple seul, et qu'il ne dépendra pas simplement de l'adresse ou de l'ambition respective des différents gouvernements pour étendre l'autorité de l'un aux dépens de l'autre. La vérité et la bonne foi nous font un devoir de reconnaître que, dans chaque cas, cela dépendra des sentiments et de la volonté de leurs commettants communs.
Quelques considérations, indépendamment de celles qui ont été indiquées dans une autre occasion, semblent prouver que le premier et le plus naturel attachement des citoyens sera pour le gouvernement de leur Etat respectif. Cn plus grand nombre d'individus pourra espérer participer à l'administration des Etats. Les Etats auront à donner plus de places et d'émoluments. Tous les intérêts les plus domestiques et les plus personnels du peuple seront confiés à leurs soins. Le peuple connaîtra plus familièrement et plus minutieusement les affaires des Etats. Les membres de ces gouvernemenis d'Etats seront unis avec un plus grand nombre do citoyens par des liens de relations personnelles et d'amitié, de famille et de parti; on peut donc s'attendre à ce que la faveur populaire se porte très fortement du côté des Etats.
L'expérience tient à cet égard le même langage. L'administration fédérale, quoique, jusqu'ici, très défectueuse en comparaison de ce qu'on peut l'espérer sous un meilleur régime, a eu, durant la guerre et surtout tant que son papier-monnaie fut en crédit, autant d'importance et d'activité qu'elle en aura jamais à l'avenir. Elle était engagée dans une suite de
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mesures, dont l'objet était de défendre tout ce qui nous était cher et d'acquérir tout ce qui était désirable pour le peuple en général. Etcependnnl, on a constaté invariablement, dès que l'enthousiasme p ssager pour les premiers Congrès fut dissipé, que l'attention et l'attachement des citoyens étaient tournés vers leurs gouvernements particuliers; que le Conseil fédéral ne fut jamais Tidole de la faveur populaire et que l'opposition à l'accroissement proposé (le ses pouvoirs et de son importance fut la route ordioairement suivie par les liommes qui voulaient fonder leur influence politique sur les préjugés de leurs concitoyens.
Si donc le peuple, comme on l'a remarqué par ailleurs, devient dans l'avenir plus attaché au gouvernement fédéral qu'aux gouvernements des Etats, le changement ne peut tenir qu'à des preuves si manifestes et irrésistibles d'une meilleure administration, qu'elles renverseront toutes leurs affections antérieures. Et, dans ce cas, il ne faudrait pas empêcher le peuple de montrer plus de confiance à ceux ([ui s'en seraient montrés plus dignes ; mais dans ce cas même, les gouvernements des Etats n'auraient l'ien à craindre, car ce n'est que dans une sphère déterminée que le pouvoir fédéral peut, par la nature même dt s choses, s'exercer avantageusement.
Les autres points sur lesquels je me propose de comparer le gouvernement fédéral et les gouvernements des Etats sont la volonté et les moyens qu'ils peuvent respectivement avoir de résister à leurs me sures réciproques et d'en empêcher l'effet.
11 a été déjà prouvé que les membres du gouvernement fédéral seront plus dépendants des membres des gouvernements des Etats, que ces derniers ne le seront des premiers. II est apparu aussi que les inclinations du peuple, dont ces deux sortes de gou-
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vernements dépendent, se porteront plutôt du côté des gouvernements des Etats que du gouvernement fédéral. En tant que leurs dispositions respectives peuvent subir l'influence de ces causes, les gouvernements des Etats doivent évidemment avoir l'avantage. Mais à un point de vue tout difîérent et très important, l'avantage sera dumêmecôté. Lespréjngés que les membres mêmes apporteront dans le gouvernement fédéral, seront en général favorables aux Etats ; tandis qu'il arrivera rarement que les membres des gouvernements d"Etats apporteront dans les conseils publics un sentiment favorable au gouvernement général. L'esprit local aura infailliblement plus de force chez les membres du Congrès que l'esprit national parmi les législatures des Etats particuliers. Chacun sait qu'une grande partie des erreurs où sont tombés les législatures des Etats viennent de la disposition de leurs membres à sacrifier l'intérêt commun et permanent de l'Etat aux vues partielles et isolées des comtés ou des districts dans lesquels ils résident. Et si leur politique ne peut s'étendre jusqu'à embrasser la prospérité générale de leur Etat particulier, comment pourrait-on imaginer qu'ils assureront la prospérité générale de l'Union, la dignité et la considération de son gouvernement, et qu'ils atteindront le but de ses aiï'ections et de ses efforts. La même raison qui fail croire que les membres des législatures d'Etats ne s'occuperont pas assez des intérêts nationaux, duit nous convaincre que les membres de la législature fédérale seront trop occupés des intérêts locaux. Les Etats seront, pour ces derniers, ce que les comtés et les villes sont pour les premiers. Trop souvent, des mesures seront prises en considération de leur effet probable non pas sur la prospérité et le bonheur de la nation, mais sur les préjugés, les intérêts et les
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vues des gouvernements et du peuple des Etats particuliers. Quel est l'esprit qui, en général, a caraotérisé la conduite du Congrès? La lecture des procèsverbaux de leurs délibérations aussi bien que les aveux sincères de ceux qui ont siégé dans cette assemblée, nous prouvent que les membres se sont montrés plus souvent partisans de leurs Etats respectifs, que défenseurs impartiaux de rintérôt commun ; que si, en une circonstance, on a sacrifié, snns raison, des considérations locales à l'agrandissement du gouvernement fédéral, cent fois on a négligé les grands intérêts de la nation pour ne s'occuper illégitimement que des préjugés locaux, des intérêts et des vues des Etats particuliers. Je ne prétends pas, par ces réflexions, insinuer que le gouvernement fédéral n'embrassera pas un plan de politique plus étendu que celui qu'a adopté le gouvernement existant, bien moins encore, que ses vues seront aussi bornées que celles des législatures des Etats; mais seulement qu'il participera suffisamment de l'esprit des deux pour n'être pas disposé à empiéter sur les droits des Etats particuliers ni sur les prérogatives de leurs gouvernements. Les dispositions qu'ont les gouvernements des Etats à augmenter leurs prérogatives aux dépens du gouvernement fédéral ne seront point combattues par des dispositions réciproques parmi les membres du dernier.
Quand même on supposerait au gouvernement fédéral une disposition à s'agrandir égale à celle des gouvernements d'Etats, les derniers auraient encore l'avantage, quant aux moyens de repousser ces empiétements. Si une loi d'un Etat particulier, quoique bostile au gouvernement national, obtient l'assentiment général des habitants de cet Etat et ne viole pas trop grossièrement les serments prêtés par les fonctionnaires d'Etats, elle est exécutée à l'instant