Î2 INFLUENCE RESPECTIVE DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL
par des moyens prompts et qui sont entièrement à la disposition de l'Etat seul. L'opposition du gouvernement fédéral, ou l'intervention des fonctionnaires fédéraux ne ferait qu'enflammer le zèle de tous les partis en faveur de l'Etat, et le mal ne pourrait être prévenu ou réparé, s'il en était encore temps, que par l'emploi de moyens auxquels on ne doit jamais re<*ourir sans ré|)Uf^nance et sans difficulté. Si, au contraire, c'était une mesure injustifiable du gouvernement fédéral qui était impopulaire dans les Etats particuliers, ce qui arriverait rarement, ou même si cela se produisait pour une bonne mesure, ce qui arrivera parfois, les moyens de résistance sont puissants et faciles. L'inquiétude du peuple, sa répugnance et. peut-être, son refus de coopérer avec les agents do l'Union ; la malveillance des magistrats exécutifs des Etats, les embarras suscités par les artifices législatifs qui souvent, en ces circonstances, viendraient s'ajouter, opposeraient, dans chaque Etat, des obstacles difficiles à vaincre ; dans un grand Etat, les difficultés deviendraient très sérieuses, et si les sentiments de plusieurs Etats venaient à s'unir, il en résulterait une obstruction que le gouvernement fédéral n'oserait guère combattre.
Mais les empiétements ambitieux du gouvernement fédéral sur l'autorité des gouvernements d'Etats n'exciteraient pas l'opposition d'un seul Etat ou d'un petit nombre d'Etats ; ils seraient le signal de l'alarme générale. Chaque gouvernement embrasserait la cause commune. On entretiendrait des correspondances ; on concerterait des plans de résistance : un mêuiC esprit animerait et dirigerait tous les membres de la Confédérntion. Bref, la crainte de la tyrannie fédérale produirait les mêmes combinaisons que celle que forma la crainte d'uii
ET DES GOUVERNEMENTS d'ÉTATS 393
joug étranger ; et à moins de renoncer volontairement aux innovations projetées, on ferait le même appel à la force en ce cas comme on le Fit clans l'autre. Mais quel degré de folie pourrait jamais porter le gouvernement fédéral à une telle extrémité ? Dans la lutte avec la Grande Bretagne, une partie de l'Empire combattait l'autre. La partie la plus nombreuse attaquait les droits de la moins nombreuse. L'entreprise était injuste et imprudente; mais théoriquement, le succès n'en était pas absolument chimérique. Mais quelle serait la contestation dans le cas que nous supposons ? Quelles seraient les parties? Un petit nombre de représentants du peuple serait opposé au peuple lui-même ; ou plutôt une seule assemblée de représentants serait en opposition avec treize assemblées de représentants, avec le corps entier de leurs constituants communs.
Le seul refuge laissé à ceux qui prophétisent la chute des gouvernements des Etats est de supposer, contre toute vraisemblance, que le gouvernement fédéral peut d'avance rassembler une force militaire suffisante pour l'exécution de ses projets ambitieux. Les raisonnements contenus dans ces articles auraient produit bien peu d'effet s'il était nécessaire encore de prouver le peu de réalité de ce danger. Que le peuple et les Etats élisent, pendant un nombre d'années suffisant, une suite ininterrompue d'hommes disposés à les trahir ; que les traîtres poursuivent pendant cette période, uniformément et méthodiquement, un plan déterminé pour l'extension des établissements militaires ; que les gouvernements etle peuple des Etats supportent silencieusement et patiemment l'orage menaçant et continuent à en fournir les éléments jusqu'à finstant où il sera prêta crever sur leurs propres têtes, toutes ces suppositions doivent paraître fi tout le monde les rêves