DURÉE DES POUVOIRS DE L'ÉXÉCUTIF
en général, veut le bien public. Ceci s'applique souvent même à ses erreurs. Mais son bon sens lui apprend à mépriser les flatteurs qui prétendent qu'il raisonne toujours /^«/e sur les moyens d'y parvenir. Il sait par expérience qu'il se trompe quelquefois, et l'étonnant c'est qu'il ne se trompe pas plus souvent, trahi, comme il l'est constamment, par les ruses des parasites et des sycophantes, par les pièges que lui tendent les ambitieux, les avides et les énergumènes, par les artifices d'hommes qui possèdent sa confiance plus qu'ils ne la méritent, et de ceux qui ne cherchent à l'obtenir plutôt qu'à s'en rendre dignes. Quand les occasions se présentent où les intérêts du peuple se trouvent en contradiction avec ses inclinations, c'est le devoir des personnes qu'il a nommées pour avoir soin de ses intérêts, à l'éclairer sur ses illusions passagères, afin de lui donner le temps et l'occasion d'apporter une réflexion plus froide et plus assise. On pourrait citer des exemples où cette conduite a préservé le peuple des fatales conséquences de ses propres erreurs, et a mérité des monuments durables de sa reconnaissance aux hommes qui ont eu assez de courage et de force d'àme pour le servir, au risque de lui déplaire.
Mais quelque disposés que nous puissions être à désirer une complaisance illimitée de l'Exécutif pour les volontés du peuple, nous ne pouvons approuver la même complaisance pour les caprices de la législature. Celle-ci peut se trouver en opposition avec le peuple, et d'autres fois le peuple sera entièrement neutre. Dans tous ces cas, il est certainement désirable que l'Exécutif soit en situation d'oser agir d'après son propre sentiment avec vigueur et décision.
Le principe d'après lequel nous admettons l'utilité d'un partage entre les diverses branches du