LA MESURE
Il 3' a enfin les femmes très diverses qui abusent du plaisir sous toutes ses formes, et celles qui n'en accordent la moindre parcelle ni aux leurs, ni à elles-mêmes. Il y a les prodigues qui endettent leur mari pour leurs folies, et les économes à outrance qui, en vue d'un avenir éloigné, accablent de privations leurs enfants, épargnant sur leur bien être et sur leur éducation, sur le pain du corps et le pain de l'âme. Il y a la coquette pour qui aucune dépense n'est trop considérable quand il s'agit de sa toilette, et la femme qui se néglige par avarice ou par incurie. Il y a la mère rigide dont la sévérité développe chez ses enfants, avec la crainte, l'esprit de dissimulation et de mensonge, et la mère trop indulgente qui laisse croître en eux tous les mauvais instincts. Il y a la femme personnelle qui impose ses douleurs à tous, et prolonge ses deuils au détriment des joies légitimes de ceux qui l'entourent et ne peuvent partager ses sentiments. Il y a la femme oublieuse qui n'a ni le respect du souvenir, ni celui de la mort.
Mais en voilà assez. Tout cela, c'est le défaut de mesure. Et cependant, il en faut à tout prix et partout : dans l'étude^ dans le délassement, dans le jugement, dans l'imagination, dans la sensibilité, dans les affections, dans les devoirs,
dans l'exercice du bien. Sans elle, toutes les vertus sont stériles, parce qu'elles sont dépassées, outre-passées. Sans elle, tous les caractères sont mal trempés, parce qu'ils manquent de justesse, de précision, de possession.
Kcliiealioii de la volonté