L OBEISSANCE
faut commencer par se gouverner soi-même, c'est là un principe élémentaire.
Les parents qui tracent une ligne de conduite à leurs enfants, donnent des ordres et ne songent pas à s'inquiéter de savoir s'ils sont suivis, ne sont pas rares. Ils enseignent ainsi le mépris de Tobéissance, et le Jour où ils la réclameront, les enfants se demanderont pourquoi obéir aujourd'hui plutôt qu'hier. Si l'on sévit, ils seront tout près de crier à l'injustice, au moins à l'inconséquence et au caprice. Voilà donc un des principes sur lequel doit reposer l'obéissance, battu en brèche.
Cette obéissance, faut-il Texiger passive, ou donner les raisons du commandement ?
C'est là un point délicat, car il touche directement à la formation du caractère et du jugement. L'obéissance toute seule fera des esclaves, l'obéissance toujours raisonnée, des critiques et des juges.
Il faut d'abord que l'enfant sache que l'obéissance n'est pas l'asservissement à la volonté aveugle des parents, mais la soumission à une autorité reconnue supérieure; en un mot, il faut qu'il ait confiance. Comme nous l'avons dit déjà, si la docilité du cœur n'est pas au fond de toute obéissance, on n'a pas
touché au vrai ressort qui doit la déterminer.
Chaque fois que l'explication d'un ordre donné, d'une mesure prise, pourra servir à former le jugement de l'enfant, lui faire toucher du doigt la sagesse des raisons qui vous font agir, augmenter sa confiance en vos lumières, le convaincre d'une tendresse toujours en éveil pour son bien et son bonheur, donnez cette explication ; mais sachez très souvent la taire et dire simplement : faites ceci, faites cela, exigeant qu'il le fasse sans répliquer ni raisonner, afin que sa volonté sache plier sous une volonté supérieure. Plus tard, la vie lui commandera souvent ainsi impérieusement : il faut dès aujourd'hui qu'il apprenne à obéir au nom du seul devoir. D'ailleurs il arrive chaque jour que vous ne pouvez ni ne devez lui donner les raisons d'une défense ou d'un commandement, parce que ces raisons sont au-dessus de la portée de son âge et de son jugement ; l'obéissance ainsi demandée assouplira la volonté au lieu de la briser et, en deviendra le meilleur exercice.
Que le commandement soit fait de telle sorte que l'enfant n'y sente jamais l'indécision qui laisse un doute dans l'esprit et affaiblit l'autorité. Combien de parents n'osent pas la faire sentir, et paraissent s'excuser,comme s'ils avaient à se faire