‹ Le féminisme de tous les tempsChapitre 47 sur 78 · L OBEISSANCE · texte numérisé non relu

L OBEISSANCE

pardonner ! Quelques-uns, même, dans la crainte d'une résistance, manœuvrent, prennent des chemins de traverse, comme une mère que j"ai connue, qui changeait chaquejour la route conduisant à l'e'cole, parce que sa petite fille refusait d'y aller de bon cœur ; l'enfant, distraite, se trouvait soudain devant la porte redoutée, y était poussée avant d'avoir le temps d'une scène. Je sais qu'il est des cas où, en présence d'un caractère difficile^ d'une révolte certaine, il vaudra mieux tourner la difficulté ; mais cela ne peut jamais devenir une règle d'éducation : l'enfant resterait le maître.

On ne saurait croire l'importance d'un commandement net et ferme au point de vue de l'autorité du maître et du caractère de l'enfant, l'importance capitale de ces deux petits mots : oui^ non, dits à propos! Ne sont-ce pas ceuxlà que la volonté prononce en face du bien et du mnl, devant des décisions d'où dépendent le bonheur ou le malheur de la vie ? Qu'ils aient donc force de loi ; qu'une raison majeure seule pL.isse les annuler, et qu'à ce oui, à ce non, corresponde l'obéissance prompte et absolue.

Le devoir

Les parents d'autrefois étaient-ils trop sévères? Imposaient-ils aux jeunes filles des obligations trop multiples, trop austères? Ne donnaient-ils pas à la jeunesse assez de ce qu'elle réclame raisonnablement de gaieté et distractions ?

On l'a dit, et les parents modernes ont voulu réagir, et sont tombés dans l'excès contraire.

Mais ce que l'on ne peut admettre, ce que n'auraient pas admis les parents de jadis, peut-être plus inflexibles, mais souvent aussi plus éclairés, c'est qu'on rende les jeunes filles égoïstes et personnelles, en n'écartant pas seulement d'elles la souffrance et l'ennui, mais encore le devoir.

Le devoir n'est pas toujours agréable. Je conviens même que, fût-il en soi attrayant, conforme à nos goûts, par cela seul qu'il est le devoir, la règle, qu'il s'impose, et s'impose à des

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