‹ Le féminisme de tous les tempsChapitre 50 sur 78 · UN MOBILE · texte numérisé non relu

UN MOBILE

devez être vis-à-vis de votre enfant, ce mobile sera l'amour, le désir de vous plaire, de vous rendre heureuses, ce sentiment qui donnera plus de prix à un éloge ou à une récompense venant de vous, plus d'amertume à un reproche tombant de vos lèvres. Mais pour que ce motif lui-même soit efficace, il faut absolument l'appuyer sur un amour supérieur, lui communiquer une puissance intense et vivifiante, une pensée religieuse, en un mot.

Oui, apprenez à vos enfants à aimer le Dieu qui leur a donné leur mère, qui a mis dans votre cœur tout ce qui s'y trouve pour eux. Apprenez-leur qu'en échange de tant de bienfaits, un devoir leur est imposé : le devoir doux et facile de vous aimer, de vous suivre, de se laisser tenir par votre main. Ne les laissez pas croire qu'ils sont ici-bas pour s'amuser et penser à eux, mais pour arriver à une vie meilleure en aimant Dieu et le prochain.

Vous serez ainsi le moyen, le degré qui les mènera à leur fm véritable ; c'est vous qui les élèverez, c'est par vous qu'ils monteront à Dieu.

Et quand, peu à peu, sans phrases, en saisissant les occasions de courtes et douces leçons, vous leur aurez fait sentir que vous tenez d'en haut une autorité qui ne leur pèse guère et

24e LE FÉMINISME DE TOUS LES TEMPS

les guide vers le bien, quand vous leur aurez appris qu'en vous aimant et en vous obéissant ils obéissent à Dieu même, vous aurez réellement mis en eux le mobile capable de les enlever à leur égoïsme, à leurs défauts, à leurs petites passions, — le mobile qui grandira avec eux, s'adaptera aux circonstances, aux exigences de la vie, et les dirigera, même quand ils n'auront plus votre voix pour les instruire, ni votre main pour les guider.

L^îcléal

Enfin, montrez à votre enfant l'idéal. Oh ! qu'il en ait un pour échapper au terre à terre, ce qui ne veut pas dire aux devoirs positifs de la vie journalière, car lorsque je dis idéal, je n'entends pas rêve, chimère. J'appelle un idéal le type de perfection convenable à l'état de chacun. C'est dans le cadre professionnel qu'il faut le placer, sous peine de verser dans l'illusion. L'idéal, pour la femme, sera conforme aux vertus de son état. L'idéal de la jeune fille, de l'épouse, de la mère, tous le conçoivent : il veut dire pureté, tendresse, force, dévouement, abnégation, toutes les vertus du foyer domestique, ce qui les garde, les conserve, les prépare dans une autre génération.

Placez-le bien haut, votre idéal. Excelsior ! Que ce soit là votre devise ; ne restons pas à mi-côte, montons toujours ; à mesure qu'on

avance sur les hauteurs, les sommets semblent reculer, mais ils sont baignés d'une lumière qui éclaire d'un vrai jour les devoirs pratiques de la vie, et en donne l'intelligence et la volonté.

Initiative et iiulcpeiidance

Il arrive souvent que des parents et des maîtres, peu attentifs ou peu psycliologues, en voulant de'truire l'esprit d'indépendance chez les enfants, tuent du même coup l'initiative, ou, voulant développer celle-ci, encouragent l'autre.

Mais avant tout, disons qu'il ne peut être question ici de cette indépendance si souhaitable, qui est celle de l'être réellement libre, affranchi de l'opinion des uns et des autres, agissant seulement d'après sa conscience et ses convictions, une fois assuré d'être dans la vérité.

Nous voulons parler de cet esprit d'indépendance qui n'est autre que celui de révolte, qui se cabre devant l'autorité, quelque forme qu'elle revête. Cet esprit-là, il faut le poursuivre comme un des plus dangereux ; il est à Torigine de tant de fautes, de tant de chutes ! Il est une forme de l'orgueil.

L'initiative est Tinstinct d'agir de telle ou telle fjçon, d'avoir des idées et de les mettre en mouvement; c'est une manière de faire face à une difficulté, de la tourner ingénieusement. Je dirais volontiers qu'elle est Timagination dans les choses pratiques.

Distinguer dans leurs manifestations, quelquefois semblables, ce qui vient de l'indépendance ou de l'initiative, est donc chose assez importante, mais relativement aisée si l'on veut se donner la peine de réfléchir et d'observer.

Indépendance, quand l'enfant refuse d'obéir sans motif, simplement parce que l'ordre donné va contre un de ses goûts ou de ses caprices.

Initiative que celle de la petite fille trop complaisante qui, pour avancer la besogne de sa mère un jour de réception, avait rempli deau les vases du salon ; malheureusement, tous n'étaient pas faits pour en contenir; les uns la laissèrent échapper par des fissures, les autres par leurs pores trop ouverts. Tapis et livres furent inondés ou perdus, et l'enfant paya son initiative d'une punition proportionnée au dommage.

Il fallait seulement lui faire toucher du doigt, et ce n'était que trop facile ! l'inconvénient

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