‹ Le féminisme de tous les tempsChapitre 60 sur 78 · LE VETEMENT · texte numérisé non relu

LE VETEMENT

Cette causerie serait incomplète si nous ne disions un mot du vêtement, considéré au point de vue hygiénique.

Et tout d'abord, il faut parler du corset, ^ui joue un rôle souvent fatal dans le costume des femmes.

Le D^ Rochard n'est pas aussi radical que certains médecins, qui voudraient le proscrire d'une manière absolue. « Il n'est pas anti-hygiénique, dit-il, de soutenir le thorax à sa base et d'empêcher la colonne vertébrale de trop se coi'rber en avant ; ce qui est déplorable, c'est la tendance inexplicable qu'ont les femmes à faire, de ce support^ un instrument de constriction et de torture, afin d'avoir la taille mince, et de ressembler à des guêpes, au lieu de se rapprocher

de la forme splendide dont l'art grec nous a laissé de si magnifiques spécimens ».

Il faudrait persuader aux jeunes filles, en effet, qu'une déformation n'est jamais une beauté, et que le point de vue auquel se placent la plupart des femmes pour apprécier une /o//e taille est anti-artistique. Rien n'est laid, en effet, comme cette disproportion ridicule entre certaines tailles et des épaules larges, des hanches fortes. Etre serrée ôte la souplesse et la grâce des mouvements, et, la circulation du sang se trouvant gênée, le teint lui-même se congestionne ; je connais des femmes qu'on mettrait au défi de se baisser pour ramasser un objet quelconque, et que leur corset condamne à une absolue immobilité du torse. Elst-ce là une beauté ou un charme?

Et outre ce point de vue, tout plastique, combien d'inconvénients et de dangers plus sérieux peut-on invoquer contre l'abus du corset !

Tout d'abord, jusqu'à douze ou treize ans, des corsets d'enfants, c'est-à-dire des brassières en fort coutil ou en piqué suffisent ; on ajoute ak>rs quelques baleines, et ce n'est que lorsque la taille est formée que l'on peut sans inconvénient porter un buse flexible.

La mère doit veiller personnellement à ce que

sa fille ne se serre pas; c'est pour elle une responsabilité sur laquelle j'insiste; je ne puis développer ici les résultats terribles d'une déformation comme il y en a trop; le moindre est une gêne habituelle de la digestion et une maladie d'estomac.

Les chaussure doivent aussi être, de la part des mères, l'objet de soins particuliers. «EUesdoivent être commodes, larges à l'endroit des orteils, justes au cou-de-pied, avec des semelles solides, imperméables, des talons larges et plats (i) ».

Quant aux vêtement?, sans traiter ici les questions de convenance et de décence, il faut rejeter d'abord tout ce qui gêne les mouvements, l'exercice, la respiration, le développement de la poitrine. C'est un abus de trop couvrir les enfants. C'en est un autre, sous prétexte de les endurcir, de ne tenir compte ni des saisons, ni des variations de la température.

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