‹ Le féminisme de tous les tempsChapitre 65 sur 78 · LE POINT DE VUE · texte numérisé non relu

LE POINT DE VUE

Il est vraiment inouï de constater à quel point les femmes même faisant profession d'une certaine piété, tiennent pratiquement en oubli les vérités non seulement de la foi, mais de la vie raisonnable. Un écrivain humoristique a dit que la plupart des hommes ne croient pas à la mort. A voir notre souci exclusif de ce monde, de ses ambitions, de ses succès, de ses vanités, à constater la préoccupation unique qu'ont certaines mères de l'avenir terrestre de leurs enfants, on doit croire que, si elles ne peuvent se refuser à voir la mort qui frappe sans cesse autour d'elles, elles l'oublient aussitôt, et ne font entrer la perspective de l'autre vie ni dans leurs pensées habituelles, ni dans leurs plans d'éducation.

L'enfant naît. C'est une joie infinie. Est-ce autre chose ? Vraiment, elles n'y songent guère. Pourquoi leur est-il donné ? Mais pour satisfaire leur instinct de maternité, pour accroître leur bonheur ! Et les plus pieuses remercient Dieu qui les rend heureuses, implorent de lui

la conservation du cher petit être ; mais presque aucune ne s'interroge sur le but, les conditions, les obligations de ce don. Elles désirent que l'enfant soit bon, qu'il soit heureux, surtout, elles prodiguent des trésors de dévouement pour sa santé, son bonheur, même pour l'éducation dont le succès rejaillira sur elles. Mais l'âme ! Combien de mères y pensent sérieusement, dans la vérité, et combien comprennent leur responsabilité^ à la fois effrayante et sublime ?

« L'âme, dit Joubert, ne peut se mouvoir, s'éveiller, ouvrir les yeux sans sentir Dieu. On sent Dieu avec l'âme comme on sent l'air avec le corps. »

Ouvrez donc votre cœur à cette atmosphère divine. Votre enfant y est avec vous : apprenezlui à la respirer et à en vivre.

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