‹ Le féminisme de tous les tempsChapitre 66 sur 78 · LE BUT DE LA VIE '. CONNAITRE, AIMER, SERVIR DIEU · texte numérisé non relu

LE BUT DE LA VIE '. CONNAITRE, AIMER, SERVIR DIEU

La méthode de l'éducation de l'âme est tracée par le catéchism.e lui-même, ce petit livre dont

Jouffroy disait qu'il renfermait une solution à toutes les questions (i), et que Jules Simon rapprochait dans son admiration de la Somme de saint Thomas (2) : « Dieu nous a créés pour le connaître, l'aimer, le servir, et par ce moyen obtenir la vie éternelle. »

Impossible de se soustraire à ces vérités et aux conséquences qu'elles entraînent.

Créés par un Etre souverain, nous dépendons de lui, et lui devons gratitude et obéissance. Voyageurs sur la terre, nous ne devons pas perdre de vue la fin qu'il nous destine dans sa bonté, fin éternellement heureuse et répondant aux aspirations qu'il a mises en notre être. Et de cette origine et de ce but : la venue de Dieu, Taller à Dieu, — résulte notre devoir de le connaître, de l'aimer et de le servir. C'est à cela qu'il faut former l'âme, et c'est à ses trois

(i) « 11 y a un petit livre qu'on fait apprendre aux enfants... Lisez ce petit livre qui est le catéchisme : vous y trouverez une solution à toutes les questions, à toutes sans exception. Demandez au chrétien d'où vient l'espèce humaine, il le sait ; où elle va, il le sait ; comment elle y va, il le sait. Demandez à ce pauvre enfant pourquoi il est ici-bas et ce qu'il deviendra après sa mort : il vous fera une réponse sublime... »

(2) Il II n'y a eu, jusqu'ici, que la religion chrétienne qui ait eu à la fois la. Somme de saint Thomas et un Catéchisme. (J. Simon. Liberté de conscience, introduction.

grandes facultés que se rapporte encore sa formation : la connaissance pour l'intelligence, l'amour pour la sensibilité, le service, l'action pour la volonté.

Mais, dira-t-on peut-être, à prendre ces enseignements à la lettre, il n'y aurait plus qu'à transformer le monde en un vaste monastère où, les yeux exclusivement fixés sur les fins dernières, on ne ferait plus que prier, oubliant le monde et la vie du temps.

Non, cela ne rentre pas dans les desseins de Dieu. S'il appelle un nombre relativement peu considérable d'âmes supérieures à commencer dès ici-bas la vie de là-haut, il est l'auteur des relations de famille et de société qui amènent des devoirs, des occupations, des intérêts multiples. Il est aussi l'auteur des joies légitimes qui peuvent remonter à lui et le glorifier ; de tout temps il a suscité des saints dans tous les états, des saints qui, pour le servir parfaitement, n'ont négligé aucune des obligations de leur condition. Ces saints ont apporté un zèle intelligent dans les affaires terrestres, ont conduit des royaumes, entrepris des guerres, élevé des familles, dirigé des affaires ; mais ils ont fait tout cela avec une absence admirable d'égoïsme, d'orgueil, d'attachement aux richesses, ayant

toujours en vue Thonneur de Dieu et le bien de ce prochain auquel ils vouaient leur vie pour l'amour du Père commun, et toujours prêts à répondre à l'appel d'en haut, à rendre compte de leur administration, comme les bons serviteurs de l'Evangile.

La notion vraie, chrétienne, absolue de la vie n'empêchera vos filles ni d'être des épouses et des mères parfaites, si Dieu les y appelle, ni d'être parfaitement heureuses s'il leur départit les joies de la terre, ni d'être aimables, agréables et gaies. « La piété, dit saint Paul, est utile à tout. » Elle est au cœur, dit Joubert, ce que la poésie est à l'imagination », c'est-à-dire une joie et une lumière. J'entends, bien entendu, la piété éclairée et comprise, qui ouvre les grands horizons de l'au-delà, sans borner les horizons de la terre.

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