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L AMOUR DE DIEU ET L EVANGILE

A cette triple connaissance : Dieu dans le dogme. Dieu dans l'histoire sacrée, Dieu dans les faits, les sciences, les événements de la vie, il faut joindre une connaissance plus intime, plus spéciale. Elle se confond avec la seconde

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partie de l'éducation de l'âme, le second devoir envers Dieu : l'amour.

Quand il s'agit d'une personne dont le contact doit nous être utile et bon, nous ne nous bornons pas, en effet, à nous mettre au courant de ses origines, de ses qualités, de son histoire. Ses perfections devant la faire aimer et resserrer les liens qui nous unissent à elle, nous la fréquentons le plus possible, et c'est ainsi que se développe et s'accroît l'affection.

Pour que vos filles aiment Dieu, il faut le leur faire approcher, le leur montrer, si j'ose ainsi parler, par ses côtés intimes, par les révélations qu'il a faites de lui-même.

Ici se place tout naturellement la question des lectures religieuses.

Mgr Dupanloup critique sévèrement la pente qui entraîne certaines femmes vers « des livres nouveaux et d'une extraordinaire médiocrité, propres à pervertir le goût autant qu'ils affadissent les cœurs ». Nous avons déjà vu qu'il s'étonne et déplore qu'à peine un petit nombre de femmes ait lu apec suite une histoire de Notre-Seigneur. Et combien moins, encore, ont lu d'un bout à l'autre l'Evangile ! Combien ne le connaissent que par les extraits, admirablement choisis^ il est vrai, mais incomplets,

qui se trouvent dans les paroissiens à la messe des dimanches ! Quoi ! vous faites profession de croire à l'Incarnation d'un Dieu, vous savez que le Verbe, la Parole par essence, « s'est fait homme, a habité parmi nous », a daigné parler à la terre, a fait recueillir dans des comptesrendus dont l'authenticité historique ne peut faire de doute, les enseignements qu'il adonnés, les actions de sa vie, les sentiments de son Cœur, et ces comptes-rendus, qui sont les Evangiles, n'ont éveillé ni votre piété, ni même votre curiosité, puisqu'il faut dire le mot 1 Vous délaissez le Maître pour lire des récits plus ou moins édifiants, vous cherchez, même dans la piété, des livres sans valeur, quittant la source pour des ruisseaux plus ou moins douteux! Et ne connaissant pas dans son entier, dans ses détails, la vie et les paroles du Verbe incarné, de Celui qui est cependant votre voie, votre vérité et votre vie, vous laissez ignorer à vos filles une telle abondance de grâce, de lumière, de force, vous les privez d'un tel trésor!

Mais ne savez-vous pas qu'à chaque mot de l'Evangile, mot proféré ou vécu par Jésus-Christ, et garanti par l'Esprit-Saint, est attaché une vertu divine ? Si une malade incurable fut guérie pour avoir touché la frange du vêtement de

Jésus, quelle efficacité n'a pas sur les âmes le contact intime avec sa parole, son amour, son Cœur répandu dans l'Evangile ! Elle serait longue, l'histoire de ceux qui ont trouvé dans une seule ligne la raison suprême de leur vie et de leur salut, qu'une seule parole a arrachés au vice, acquis à de sublimes vertus, consolés dans leurs désespoirs, secourus dans leurs tentations, soutenus dans leur vie entière. Que dis-je 1 II n'est pas un chrétien qui, lisant l'Evangile, n'y trouve le mot qui lui est propre, le mot qui, à travers les siècles, a été dit spécialement pour lui!

L'Evangile est infini, comme le Dieu dont il émane. Vivrions-nous jusqu'à la fin des siècles, il suffirait à lui seul à alimenter notre âme. Il est comme Dieu, toujours ancien, toujours nouveau. La même parole se renouvelle sans cesse, répond à des besoins divers ou renaissants; j'en appelle ici aux familiers de ce livre divin : plus on le lit, plus il dévoile ses trésors, plus il ouvre ses abîmes.

Et c'est par l'Evangile que se poursuivra cette connaissance de Dieu qui ne peut manquer d'amener l'amour divin. Comment ne pas tomber à genoux devant Celui qui y apparaît si doux, si suave, qui ne rompt pas le roseau brisé,

qui n'est pas venu pour condamner, mais pour sauver, qui laissait venir à lui les petits enfants, qui guérissait les malades, relevait les pécheurs, appelait les affligés, et pleurait sur le tombeau de son ami !

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