LE SERVICE DE DIEU ET LES COMMANDEMENTS
Après la connaissance, qui engendre l'amour, il y a le service.
Ici encore, il est indispensable que les mères et les institutrices voient juste.
Il y a envers Dieu un service qui oblige rigoureusement, uniformément tous les chrétiens. Il est énoncé dans les Commandements de Dieu et de l'Eglise.
Il y a encore un service qui, commun à tous dans un sens général, prend pour chacun une forme spéciale : c'est le devoir d'état.
M'adressantàdes chrétiennes, je jugerais in utile de parler des Commandements, si je n'avais vu des personnes se targuant de religion, et même de piété, se montrer à cet égard étrangement relâchées ou singulièrement ignorantes.
Je connais des chrétiennes qui, arrivant trop tard à la messe du dimanche, ne retournent pas à une autre messe.
J'en connais, surtout, hélas ! qui ne s'inquiètent pas de faire observer à leurs domestiques les lois de l'Eglise, et qui font ou laissent travailler le dimanche, fermant les yeux volontairement sur cette conséquence de leurs exigeances, de leurs menaces, de leur vanité.
« Je ne veux pas, disent certaines, qu'on travaille pour moi le dimanche ; mais arraiige-pous, il me faut ma robe à la première heure, sinon, je ne reviendrai pas. »
Et l'ouvrière travaille la nuit, ou pour ces clientes inflexibles, ou pour celles d'à côté.
Parlerai-je de celles qui exposent l'âme de leurs domestiques aux pires chutes en tolérant qu'ils sortent le soir, qu'ils aillent au bal, au théâtre, en laissant traîner des livres et des journaux dangereux?
Formez donc vos filles^ mères qui répondrez de leurs âmes, et, dans une certaine mesure, de celles que vos filles elles-mêmes auront à diriger, formez-les, dis-je, à la stricte observance de la loi : l'obéissance à la religion et la charité, c'est rigoureusement indispensable pour le salut.