ACTE m , SCENE H
LÉONOa.
J\ n'importe , On ne laissera pas de m^ meltre.
DON JUAN
Et pourquoi ?
LliOIfUR.
A cause de ma srrnr qu'on aime plus que moi : On la marira mieux , quand on n'aura plus qu'elle.
DON JOAN
Vous êtes pour cela trop aimable et trop belle. Non, je ne puis soufiVir «et excès de ri};ueur ; Et V dès demain , pour faire enrager voire sœur , Je veux TOUS épouser : en serez- vous contente?
LÊONOR.
Eh t mon dieu ! n'allez pas en rien dire k ma tante. Sitôt que du couvent elle voit que je ris, Deux soufflets me sont sûrs ; et ve serait bien pis Si vous alliez pour moi parler de maiiage.
DON JUAN
Eh bien , marions-nous en secret : je m'engape , Puisqu'elle vous maltraite , à vous meltre en élat De ne rien craindre d'elle»
8GAKARBLLE.
w Et par un bon contrat :
Ce n'est point k demi que monsieur fait les choses.
DON JUAN
J'avais , pour fuir Yhy men , d'assez pressantes causes } Mais , pour vous faire entrer au couvent malj^ré vous , Savoir qu'à la menace on ajoute les coups , C'est un acte inhumain , dont je me rends cou;;'abI« Si je ne vous épouse.
8GANABBLLB.
Il est fort charitable i Voyez ! se marier pour vous ôter l'ennui D'être religieuse ! Attendez tout de lui.
LÉOUOR.
Si j'osaU m'asiarer.. ,
SGAlTAItBLLp.
C>*t une bagatelle Que ce qu*tl vons promet. Sa bonté naturelle Va fi loin qn'U est prêt, pour faire trêve aux coupa , D'épouser, s'il le faut , 'votre tante avec vous.
L^ONOR
Ab ! qu'il n*en fatae rien ; elle est si dégoAtante«. . Mais naoi y tuis-je asses belle ?. . .
• DOUr JUAN.
Ah ciel ! toute cbarmante.
Quelle doucenr pour moi de vivre sous vos lois ! Non , ce qui fait 1 bymen n'est point de notre cbois , J*en suis trop convaincn ; {e vous connais k peine , Et tout k coup je cède à Tamour qui m'eD(r»lnet
UftONOB.
Je voudrais quHI (ùt vrai ; car ma tant« ] et la peur Que OM fait le couvent...
DON JDAlf.
Ah ! connaissez mon corur, Vonlez-vons que ma foi , pour preuve indubitable , Vous fasse le serment le ]4us épouvantable ?
Que le ciel...
UOlfOR.
Je vous crois , ne jurex point.
PON JUAN
Eh bien?
MiONOH.
Mais , iM)nr nous marier sans que Ton en sAt rien , Si la chose pressait , conament (audraife-il faire?
DON JDAN.
n faudrait avec moi venir cha* un notaire , Signer le mariage ; et, quand tout serait fait , Nous laisserions gronder votre tante.