‹ Le festin de pierre: comédie en cinq actes, de MolièreChapitre 34 sur 69 · ACTE m , SCENE H · texte numérisé non relu

ACTE m , SCENE H

LÉONOa.

J\ n'importe , On ne laissera pas de m^ meltre.

DON JUAN

Et pourquoi ?

LliOIfUR.

A cause de ma srrnr qu'on aime plus que moi : On la marira mieux , quand on n'aura plus qu'elle.

DON JOAN

Vous êtes pour cela trop aimable et trop belle. Non, je ne puis soufiVir «et excès de ri};ueur ; Et V dès demain , pour faire enrager voire sœur , Je veux TOUS épouser : en serez- vous contente?

LÊONOR.

Eh t mon dieu ! n'allez pas en rien dire k ma tante. Sitôt que du couvent elle voit que je ris, Deux soufflets me sont sûrs ; et ve serait bien pis Si vous alliez pour moi parler de maiiage.

DON JUAN

Eh bien , marions-nous en secret : je m'engape , Puisqu'elle vous maltraite , à vous meltre en élat De ne rien craindre d'elle»

8GAKARBLLE.

w Et par un bon contrat :

Ce n'est point k demi que monsieur fait les choses.

DON JUAN

J'avais , pour fuir Yhy men , d'assez pressantes causes } Mais , pour vous faire entrer au couvent malj^ré vous , Savoir qu'à la menace on ajoute les coups , C'est un acte inhumain , dont je me rends cou;;'abI« Si je ne vous épouse.

8GANABBLLB.

Il est fort charitable i Voyez ! se marier pour vous ôter l'ennui D'être religieuse ! Attendez tout de lui.

LÉOUOR.

Si j'osaU m'asiarer.. ,

SGAlTAItBLLp.

C>*t une bagatelle Que ce qu*tl vons promet. Sa bonté naturelle Va fi loin qn'U est prêt, pour faire trêve aux coupa , D'épouser, s'il le faut , 'votre tante avec vous.

L^ONOR

Ab ! qu'il n*en fatae rien ; elle est si dégoAtante«. . Mais naoi y tuis-je asses belle ?. . .

• DOUr JUAN.

Ah ciel ! toute cbarmante.

Quelle doucenr pour moi de vivre sous vos lois ! Non , ce qui fait 1 bymen n'est point de notre cbois , J*en suis trop convaincn ; {e vous connais k peine , Et tout k coup je cède à Tamour qui m'eD(r»lnet

UftONOB.

Je voudrais quHI (ùt vrai ; car ma tant« ] et la peur Que OM fait le couvent...

DON JDAlf.

Ah ! connaissez mon corur, Vonlez-vons que ma foi , pour preuve indubitable , Vous fasse le serment le ]4us épouvantable ?

Que le ciel...

UOlfOR.

Je vous crois , ne jurex point.

PON JUAN

Eh bien?

MiONOH.

Mais , iM)nr nous marier sans que Ton en sAt rien , Si la chose pressait , conament (audraife-il faire?

DON JDAN.

n faudrait avec moi venir cha* un notaire , Signer le mariage ; et, quand tout serait fait , Nous laisserions gronder votre tante.

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