SCENE HUITIEME
GAETANE.—GASTON.
GAETANE :- -(s’flançant vers Gaston. Elle éclate en san- &lots et pleure la tête sur l'épaule de son fiancé.)
raston !
GASTON
O nuit d'angoisses, heures mortelles, Où mon coeur semblait se briser, Effacez-vous, heures cruelles,
Sous la chaleur de son baiser.
Sèche tes yeux, ma fiancée.
Espère, Peut-être déjà,
Sur tes pas, la troupe élancée, Approche et te délivrera.
GAETANE :—
De mes pleurs ne t'attriste pas.
Si je pleure, c’est que je t'aime, Que je te revois ici-bas,
Mes pleurs sont le bonheur suprême, Je t'atr:e, Ne t attriste pas.
Je n'ai plus peur de la morsure
Du feu, plus peur de la torture, Autour de moi, si j'af tes bras,
Je suis devant Dieu ta promise.
Je sais depui hier puiser
Cette ivresse qu'Amour a mise
Sur tes lèvres, dans ton baiser.
(Long baiser.)
Ah ! tes yeux sont cerclés de bistre....
Et ton pourpoint est un lambeau....
Vois, c'est là le poteau sinistre...
Nous irons ensemble au tombeau,
GASTON et GAETANE :
Mourir quand l'amour vient de naître, Quel sort fut jamais plus cruel !
Quand s'allume au fond de nos êt-es Un feu qui veut être immortel.
Plaisirs de la caresse, Prenantes voluptés,
Sans goûter votre
ivresse
Nous vous aurons quittés!
D'amour la soif inassouvie Gonfle nos coeurs à les briser.
La coupe si pleine de vie En un instant va s'épuiser.
Plaisirs de la caresse, Prenantes voluptés, Sans goûter votre ivresse, Nous vous aurons quittés !
GAETANE :
Je t'aime, et ne veux pas mourir.
GASTON
Fuir! Pouvons-nous y songer ?
GAETANE :—
Ces canots....Le lac..
GASTON
Mais je suis ligoté...
(Gaétane va voir dans la
tente du
Manitou. Du stylet
qu’elle tire de son sein, elle coupe les liens de Gaston.)
GASTON
Libre! Libre! Enfin!
Viens, ma Gaétnne,
Viens jusqu'aux confins Du monde où le platane Rend les taillis épais. Voici la délivrance ;
De nos longs tourments, c'est Enfin la récompense.
(Ii veut l’entraîner vers la droite.
Gaétane résiste.)
RPANG HA DE
St