‹ Le feu au couvent comedie en un acte, en proseChapitre 16 sur 28 · D’AVENAY · texte numérisé non relu

D’AVENAY

C’est tout bonnement stupide, ce que tu me débites là. — Comment? enfant que tu es, lorsqu’à peine entré dans la vie...

DE UÉRIEL, riant el déclamant.

O père de famille! ô poète 1 je t’aime!...

d’avena Y.

Mais...

DE UÉRIEL.

Eh! mon ami, il ne s’agit pas de prêcher de paroles, c’est d’exemple qu’il faut prêcher.

d’AVENAY, passant à gauche.

C’est vrai. — Oh ! je suis littéralement sur des charbons ardents! Si cette tapageuse de Silvia ou quelque autre de nos folles commensales venait s’abattre ici, juge donc. — Oh!... Antonia ici, Laure là-bas, Adrienne entre toutes deux, et puis Mendelssohn, les oiseaux savants... Ah! j’en deviendrai fou!

DE UÉRIEL, riant.

Allons, calme-toi.

d’avenay.

Oh! si tu la voyais mon Adrienne!... Mais au fait tu la verras, tu vas la voir.

DE UÉRIEL, vivement.

Non pas.

d’avenay.

Pourquoi ?

Ce ne serait

DE

pas prudent.

M ÉRIEL.

d’avenay.

Tu craindrais de l’aimer?

DE MÉRIEL.

Non, c’est le contraire que je craindrais.

d’aven ay.

Triple fat !

Ce n’est pas de la fatuité, c’est de l’expérience; j’ai remarqué que les cœurs les plus purs et les plus croyants volaient toujours vers les cœurs les plus troublés et les plus impies!... sans doute dans l’espoir de les convertir; non, vois-tu, il y a du missionnaire dans l’amour. — Je ne verrai donc pas ta fille.

d’avenay.

Au fait, j’aime mieux cela; aussi bien j’ai l’intention de rompre avec vous tous... pervertis... et d’emmener bien loin mon Adrienne, ma fille, (a tcc amour. ) Ma fille!... comme ce motlà m'est doux à prononcer!

DE MÉRIEL, riant.

Allons! allons!... je vois que tu te feras très-bien à ton rôle de père.

d’avenay.

Mais, je le-crois. — Tiens, je brûle de la revoir!... Va-t’en, hein?

DE MÉRIEL, riant.

Patience!... je m’en irai quand tu n’auras plus besoin de moi.

JEAN, entrant au fond.

Trois messieurs viennent d’arriver; l’un d’eux demande M. de Mériel.

D’AVENAY, te soutenant.

Ah!

DE MÉRIEL, à Jean.

Faites entrer ces messieurs dans le petit salon.

D’AVENAY, un peu troublé et passant à droite.

En vérité, j’avais oublié cette sotte histoire.

DE MÉRIEL.

Sotte, dis-tu?... Ah!... pardieu!... c’est la première fois que

3 i LE FEU AU COUVENT.

. tu manques de'galanterie avec une affaire d’honneur. Allons, allons, bats-loi encore aujourd’hui, lu gagneras ton pari, et nous te canoniserons demain. Je vais rejoindre ces messieurs. Quant aux conditions du combat...

Adrienne parait.

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