SCÈNE V
D'AVENAY, endormi, ADKIENNE, JEAN.
JEAN, comme répondant à une question.
Monsieur le comte, mademoiselle ? il doit être encore dans ce salon.
AD RIENNE, le congédiant.
Merci.
Jean s'en va.
ADRIENNE se débarrasse de sa pelisse, qu'elle jette sur le pouff, et court à d’Àvenay,
gaiement.
Me voilà, moi!... (Étonnée.) Tiens, il dort... (Le contemplant.) Le voilà donc, ce méchant qui n’est pas venu me voir depuis silongtemps!... cet ingrat qui me donne si rarement de ses nouvelles !
d’aven AY, rêvant.
Adriennel...
ADHIENNE.
11 pense à moi! Oh! que je suis contente !...
Elle se penche par-dessus le canapé et embrasse d'Àvenay.
D*AYENAY, se levant vivemeul et avec nn cri d'étonnement.
Adriennel... mon enfant!... ma fille!... C’est toi?...
ADRIENNE
Mais oui, c’est moi , cher petit père! Tu ne m’attendais pas, dis?...
D 9 AV ENA Y, embarrassé*
Non, non, en effet, (a part, se souvenant. ) Bonté divine! Pourvu
que (il nonne précipitamment; Jean parait.) Je n’y SUÎS pOUT pCl’SOM nC,
pour personne, entendez-vous!... (a demi-rou.) Excepté pour M. de Mériel.
JEAN.'
Oui, monsieur...
Il sort par le fond, dont il ferme la porte.
I) *AV ENA Y, revenant vers Adrienne.
Ah! chère petite!... En vérité, je crois rêver...
ADRIENNE
Oh! mais, tu ne rêves plus....
D’AVENAY, inquiet.
Comment? est-ce que?...
ADRIENNE
Tu rêvais tout à l’heure de moi. *
D'AVENAY, respirant.
Ah!...
Est-ce que cela ne t'arrive pas souvent?...
d’ave N A Y.
Si fait. — 1 OUjOUrS... (Lui prenant les mains et l'admirant.) Mais 0011)1116
tu es embellie !
ADRIENNE, avec reproche*
Dame. — Depuis le temps!...
D’AVENAY, l’embrassant.
Pardonne-moi!... Ah gà, mais, comment se fait-il?.. . #
Il s'assied sur le fauteuil près de la table.
ADRIENNE
Ah! c’est une histoire terrible! va!...
Tu m’effraies.