a C'est notre grande Foscarina
qui avait reconnu l'actrice au moment où, suffoquée, elle relevait sa voilette.
Saisi d'une émotion ingénue, le maître verrier fit un pas vers elle et s'inclina respectueusement.
— Una sera, parona, Ela me ga fato tremar e pianzer corne un putèlo. Me permetela che in memoria de quela sera, che no podarb desmentegar fin che vivo, ghe ofra un picola lavoro vegnuo fora da le man del povaro Seguso * ?
— Vous êtes un Seguso ? — s'écria le poète en se penchant avec vivacité vers ce gringalet, pour le bien regarder en face. — Un Seguso de la grande Idmille des verriers ? Un vrai ? De la bonne race ?
— Per ohedirla, paron^,
— Un prince, alors I
— Si, un Arlechin finto principe^ ,
— Vous connaissez tous les secrets de l'art, n'estce pas ?
L'homme de Murano fit un geste mystérieux qui évoqua la science occulte des ancêtres dont il s'affirmait le dernier héritier. Les autres verriers, près des ouvreaux, avaient interrompu le travail et souriaient, tandis que les coupes se décoloraient au bout des cannes.
I. « Un soir, madame, vous m'avez fait trembler et pleurer comme un enfant. Me permettez-vous, en mémoire de cette soirée que je ne pourrai oublier tant que je vivrai, de vous oifrir un petit travail sorti des mains du pauvre Seguso ? »
a. .( Pour vous servir, seigneur.»