‹ Le feutrage arachnoïdien postérieur dans les lésions médullairesChapitre 15 sur 67 · TA EE · texte numérisé non relu

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DISPOSITION DES MÉNINGES AU NIVEAU DU NERF RADICULAIRE DE NAGEOTTE ET DU GANGLION RACHIDIEN

Les deux racines, antérieure et postérieure, rapprochées, traversent les orifices latéraux de la dure-mère, pénétrant dans les canaux radiculaires intervertébraux. Gette portion, comprise entre la dure-mère et l’extrémité proximale du ganglion rachidien, a été l’objet d'une étude de NAGEoTTE, étude devenue classique, et porte depuis le nom de nerf radiculaire.

Les orifices de sortie des racines sont au nombre de deux : lun pour la racine antérieure, l’autre pour la racine postérieure. L’orifice de la racine postérieure est plus large, car cette racine est plus grosse. La distance entre les deux orifices, dans la majorité des cas, est très petite : les deux orifices se touchent presque. Parfois, les deux orifices peuvent être plus distants, à tel point que la racine antérieure peut se trouver dans un véritable Canal, situé dans l'épaisseur même de la duremère. Chacune des deux branches, motrice et sensitive, du nerf radiculaire possède sa gaine dure-mérienne complète. Les deux gaines sont plus ou moins fusionnées vers leur partie externe. La dure-mère, en se réfléchissant sur le nerf de NAGEOTTE, devient moins résistante, ses fibres sont moins denses, plus dispersées. Vers la partie externe, elles finissent par ne plus se distinguer du périnèvre et de [a gaine fibreuse du ganghon. f

Les méninges molles se prolongent sur les deux branches du nerf radiculaire de Naceorre. Cet auteur fait arrêter l’arachnoïde au niveau de la moitié interne du nerf radiculaire. L’examen des coupes histologiques nous permet d'affirmer que le tissu leptoméningé se

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prolonge beaucoup plus loin. La leptoméninge, en recouvrant les branches du nerf radiculaire, se comporte alors plus comme un tissu plein que comme un simple feuillet de revêtement. La branche sensitive, la plus volumineuse, est prolongée dans une masse de tissu leptoméningé. On peut suivre sur certaines coupes l'élargissement progressif du mince feuillet arachnoidien. l

Ainsi, chaque branche du nerf radiculaire a ses enveloppes complètes, dure-mérienne et leptoméningée. Ces enveloppes se continuent à la périphérie, autour et dans le tronc nerveux, avec le périnèvre et le tissu interfasciculaire. Cette vue est en accord avec les expériences qui ont montré l'existence possible d’une circulation de l'espace sous-arachnoïdien vers le tronc périphérique.

FILETS FIBREUX TRAVERSANT L'ESPACE SOUS- ARACHNOIDIEN. — Outre les racines, les ligaments dentelés, les vaisseaux, l’espace sous-arathnoïdien est

encore traversé par les très orêles, très minces filets

qui rattachent l'arachnoïde à la pie-mère. Dans l’espace sous-arachnoïdien antérieur, en avant des ligaments

- dentelés, ils sont extrêmement rares ; ils deviennent un

peu plus nombreux dans l'espace postérieur. Ils représentent peut-être, au point de vue embryologique, les restes du clivage qui s'est fait au cours du développement, dans le tissu plein leptoméningé, «et dont l’aboutissant a été la condensation pie-mérienne et arach-

noïdienne.

Au point de vue pathologique, leur importance est nulle, encore qu'ils aient été accusés de jouer un rôle

‘actif dans la formation de l’arachnoïdite adhésive.

Le liquide céphalo-rachidien se trouve donc compris

dans «n plan de clivage de la leptoméninge. La tradi-

tion a consacré le nom d'espace sous-arachmoïdien.

L'existence de divers ligaments, des racines, traversant cet espace, détermine sa division en compartiments assez bien séparés les uns des autres. Les principales divisions sont

— l'espace sous-arachnoïdien antérieur, situé en avant des ligaments dentelés,

— l'espace sous-arachnoïdien postérieur, en arrière de ces ligaments.

L'ESPACE SOUS-ARACHNOIDIEN ANTÉRIEUR. — Il a comme limite postérieure le ligament dentelé qui, dans les régions cervicale et dorsale, forme une barrière presque complète vers l'espace postérieur. Cet espace est traversé par les racines antérieures, les artère ét veines radiculaires. Les racines antérieures, à leur sortie de la moelle, soulèvent un repli pie-mérien très individualisé. La capacité de cet espace est beaucoup plus réduite que celle de l’espace postérieur. En effet, la distance qui sépare la moitié antérieure de la moelle de la dure-mère, et par conséquent, la largeur de cet espace liquidien, est très petite ; il ne contient que très peu de liquide. L'espace est beaucoup plus libre que son congénère postérieur. Il n'existe pas, en effet, de bgament antérieur, et,, d'autre part, les gaines leptoméningées des racines et des vaisseaux sont plus réduites.

Les filets fibreux qui réunissent la pie-mère à l’arachnoïde sont eux-mêmes très rares.

ESPACE SOUS-ARACHNOIDIEN POSTÉRIEUR. — ll est délimité en avant par les ligaments dentelés, sur les côtés externes par la dure-mère doublée de Va ae noïde, et par endroits, par la zone de sortie de la racine ; en dedans, par la pie-mère accolée à la moelle : en arrière, par la dure-mère et l’arachnoïde. Cet espace, en opposition avec l’espace antérieur, est divisé en plusieurs compartiments.

Le ligament postérieur de la moelle, tendu dans le sens sagittal au niveau du septum postérieur intramédullaire, le divise en deux compartiments : droit et gauche.

De chaque côté, le faisceau des racines postérieures, inassives et étendues en hauteur, traverse à son tour l'espace liquidien. Les vaisseaux, artère et veines, compliquent souvent la disposition de l’espace postérieur parce qu'ils entraînent parfois des replis méningés sé- £arés de ceux des racines.

L'espace sous-arachnoïdien postérieur est donc divisé en quatre grands compartiments situés respectivement entre : ligament dentelé et racines, et racines et ligaient postérieur. L'existence de ces multiples replis, pourrait peut-être influer sur la pathologie de cet espace. Les tractus fibreux qui réunissent l’arachnoïde à ia pie-mère sont plus nombreux dans l'espace postérIeur.

La capacité de l'espace postérieur est beaucoup plus grande que celle de l’espace antérieur.

Les communications entre les espaces antérieur et postérieur, très larges au niveau de la partie inférieure de la moelle, où le ligament dentelé n’existe plus, sont beaucoup plus difficiles aux régions supérieures. On tes dit même douteuses (BArré). Les injections de substances semi-fluides que nous avons faites dans l’espace sous-arachnoïdien, dans la région dorsale supérieure, nous ont montré que ces substances passent dans l’es. pace antérieur.

La capacité de l’espace postérieur est cependant différente suivant le niveau où on l’examine. Au niveau du renflement cervical, l’espace est très réduit ; à ce niveau même, la moelle remplit presque toute la largeur du sac dural. Dans la région dorsale, le sac devient de plus en plus grand.

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‘Cet espace méningé postérieur est Je siège de multples localisations pathologiques. Les méninges molles

postérieures ‘ont été accusées par divers auteurs d'être

le point de départ du tabès, des myélites syphilitiques iméningo-myélites). «La pathologie de la méninge postérieure est une pathologie spéciale » (P. Marux- (GUILLAIN). Les processus adhésifs de l’arachnoïde, décrits habituellement sous le nom d'arachnoïdite, se docalisent — dans l’inmense majorité des cas — à l'espace postérieur.

Dans notre description, nous avons reconnu à la moelle deux enveloppes méningées : l’une externe, pachyméninge où dure-mère -— l’autre interne, leploinéninge, faite d'un même tissu, comprenant deux feuillets ou plutôt deux zones de densification, correspondant à l'arachnoïde et à la pie-mère des a ‘Cette conception, adoptée par un certain nombre d'auteurs, nous paraît la meilleure. En sa faveur, un certain ombre d'arguments peuvent être donnés. Nous les grouperons sous trois chefs : arguments embryoloyiques, anatomo-pathologiques, morphologiques.

ARGUMENTS EMBRVYOLOGIQUES

Autrefois, on considérait, avec His, que la totalité des méninges dérivait d'un même tissu, Le mésenchyme. Tes recherches modernes ont montré que si Île Hissu mésenchymateux : ‘conservait sa part ans l'élaboration ‘dés méninges, des ‘éléments ‘du tissu ectoderiique donnaient son individualité à la Teptoméninge.

De chaque côté du système nerveux, alors qu'il n’est encore qu'à l'état de tube neural, :se trouvent les : ‘deux crêtes neurales, formées ‘d’amas cellulaires, d'où démvent Îles ‘ganglions rachidiens et iles racines posté- 1ieures, qui se dirigent vers la moelle. De la:crête neurale, se diiennteat deux types deicellules : les cellules

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