‹ Le feutrage arachnoïdien postérieur dans les lésions médullairesChapitre 52 sur 67 · RÉFLEXIONS SUR LA VALEUR DES SIGNES CLINIQUES · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS SUR LA VALEUR DES SIGNES CLINIQUES

DE L' “ ARACHNOIDITE SPINALE ?

Les observations anatomo-pathologiques précédentes ne montrant aucune lésion sous la dépendance directe du processus arachnoïdien, nous ont amené à concevoir le feutrage arachnoïdien postérieur comme un épiphénomène au cours de processus médullaires primitifs.

Cependant, une symptomatologie particulière a été attribuée à l’arachnoïdite spinale, les signes cliniques étant corroborés par des examens complémentaires au premier rang desquels se place l'injection de lipiodol dans l’espace sous-arachnoïdien.

STOOKEY, en 1927, attribuait à l’arachnoïdite spinale une symptomatologie très voisine de celle des compressions médullaires par tumeur : « L'évolution des « signes cliniques a été, à beaucoup d’égards, iden- « tique à celle des tumeurs de la moelle. »

Ni les caractères des troubles sensitifs, ni ceux des troubles moteurs, ne permettaient, pour cetauteur, de faire la discrimination. L'analogie était complétée par l'existence, dans les deux maladies, d’un blocage manométrique. L'extrème lenteur de l’évolution, labsence d'augmentation de la teneur en albumine du liquide céphalo-rachidien, malgré le blocage à l'épreuve ma-

nométrique, étaient, pour STookEYy, les quelques arguments qui permettaient de soupçonner l'existence de l’arachnoïdite spinale.

M. Barré, en 1933, a donné à l'arachnoïdite spinale une symptomatologie beaucoup plus riche, quoique faite de nuances cliniques.

Pour cet auteur, la constatation d’un ensemble de signes radiculaires — qui seraient dus à l’irritation des racines par le processus méningé — est d’une importance capitale pour le diagnostic, tant à la période de début de la maladie, qu'à une phase avancée de son évolution.

« Le début se fait le plus souvent par un trouble sen- « sitif sous forme d’élancements douloureux, de sensa- « tions de brûlures, de sensations de serrement. Ces « phénomènes apparaissent par crises qui durent quel- « ques secondes, quelques heures, des jours entiers « parfois, et peuvent disparaître, sans cause apparente, « comme ils se sont présentés, pour reparaître un mois « ou quelques mois après et s’espacer ou se rapprocher « pour devenir définitifs. IIS siègent le plus ordinai- « rement sur une zone assez étendue, intéressant un « membre supérieur, une large bande sur une moitié « ou les deux côtés du thorax ou de l'abdomen. Ils se « présentent ici sous forme d’une ceinture constructive « de la largeur d’une paume de main et non comme «une bande étroite, ainsi qu'on le voit si souvent dans « les compressions radiculaires par tumeurs. »

L'auteur insiste sur le caractère migrateur des douleurs et ajoute |

« Pour clore ce qui a‘traït à ces troubles polyradicu- « laires du début, nous ne saurions trop conseiller « d'examiner avec soin la région où le malade se plaint « de les ressentir où d'en avoir souffert, peut-être y « verrail-on, de temps en temps, des trémulations mus- «culaires fines, des modifications du réflexe pilo-mo-

« teur, un abaissement de la température, des réactions « Vaso-motrices... en un mot, l'ébauche de ce que nous « avons décrit avec MM. Lericne et Morin, sous le nom « de « syndrome polyradiculaire de l'arachnoïdite ».

Cependant, dans un assez grand nombre de cas, une fois sur trois, le premier signe de Farachnoïdite serait un trouble moteur, le plus souvent, paraparésie ou paraplégie.

L'évolution de ces différents troubles est souvent discontinue, procédant par poussées successives, demeurant quelquefois stationnaire pendant des années, pouvant même régresser alors qu’elle avait pris un fort développement, pour ne laisser que de légers troubles.

Après un laps de temps souvent long, se chiffrant par années, se trouvent réalisés des tableaux cliniques échappant à une description d'ensemble :‘néanmoins, d'après les observations que nous avons lues, il s’agit, dans la très grande majorité des cas, d’une paraplégie Spasmodique à laquelle des troubles radiculaires discrets donneraient un aspect spécial. Ces troubles objectifs radiculaires et souvent polyradiculaires consistent en : troubles vaso-moteurs, modification de la température locale, résultats de l'épreuve à la pilocarpine, etc., ainsi, M. BarRé a individualisé des formes : radiculo-sensitives, radiculo-médullaires et radiculo-cordonales postérieures.

Tels sont, rapidement résumés, les principaux signes cliniques attribués à l’arachnoïdite spinale, considérée comme lésion initiale.

Or, nous avons été amené à conclure de l’étude anatomo-pathologique que nous avons faite, que les lésions arachnoïdiennes sont secondaires au processus médullaire. Faut-il alors dénier au feutrage arachnoïdien, toute expression clinique ? Certes, des perturbations radiculaires légères peuvent, dans certains cas, être en rapport avec le processus arachnoïdien. Maïs nous

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croyons que leur signification s’efface devant l’impor-

tance des symptômes médullaires qui dominent le tableau clinique.

Remarquons en outre que les troubles sensitifs sisnalés au début de l'arachnoïdite, sensations de serrement, de brûlure, élancements douloureux, sont d’interprétation souvent délicate et même appuyée par des signes objectifs tels que trémulations musculaires fines, modifications du réflexe pilo-moteur, ‘abäissement de température local, peuvent difficilement servir à baser un diagnostic. Pourrait-on affirmer l'existence d’une syringomyélie chez un malade qui se plaindrait de quelques sensations anormales dans un membre supérieur, de quelques trémulations des muscles dans ce territoire, s'il n’y a encore, ni atrophie musculaire, ni troubles sensitifs dissociés, n1 perturbation des réflexes ? Nous n'avons d’ailleurs pas rencontré d’observation d’arachnoïdite reconnue à cette période initiale de ses symptômes, sympiômes qui peuvent d’ailleurs exister au début de processus médullaires divers. Bien

souvent, ces troubles sensitifs de l’arachnoïdite sont

accompagnés de symptômes franchement médullaires, qui les suivent à peu de distance, et les précèdent même

parfois : il s’agit, dans la grande majorité des cas, d’un

syndrome pyramidal.

Les caractères évolutifs attribués à l’arachnoïdite spinale sont Join d’être particuliers : nombre de processus médullaires présentent une évolution discontinue avec des poussées successives suivies de régressions plus ou moins importantes.

À la période d'état de la maladie, existent alors un.

ensemble de troubles médullaires qui forment alors la note dominante du tableau clinique et justifie leur priorité dans l'interprétation. S'il reste possible que le feutrage arachnoïdien soit responsable de quelques troubles sensitifs spéciaux, ceux-°i sont très effacés par

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