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CHAPITRE

GUILLAUME CRESPIN, le»" DU NOM.

Guillaume Crespin, suivant la même pièce de 1549, était licencié es loix. Il avait épousé Renée Ghesnay, fille de Guillaume Ghesnay, sieur du Vau (1).

Nous ignorons si la famille Ghesnay était titrée : en tout cas, elle était bien posée au Mans. On voit un Michel Ghesnay, échevin en 1507; et U^ Richard Ghesnay, chanoine de Saint-Pierre-de-la-Gour, représentait ses confrères dans l'assemblée des Trois -Ordres réunie pour nommer des députés aux Etats de 1576 (2)

Guillaume Grespin passa sa vie a plaider au présidial et devant les autres sièges de notre ville. Pendant les vacances, il allait sans doute aux champs, comme les magistrats, pour se reposer des fatigues du Palais , faire ses vendanges et présider les assises de Ghères tenues par ses officiers.

Il a reçu, en qualité de seigneur, un certain nombre d'aveux, hommages et déclarations, que nous ne saurions laisser entièrement dans Toubli. Il avait, en effet, parmi ses vassaux des personnages, qui méritent quelques lignes.

Le lief de Forges avait été morcelé : une partie appartenait à Pierre Sabeau, une autre à Jehan Jallu, mari d'une Sabeau. Une troisième partie était possédée par Jehan Danizot, qui l'avait achetée de François Sabeau.

Ge Jehan Denizot, avocat au Mans, fut procureur de l'Hôtel-de-Ville en 1530 (3). Il avait pour fils Nicolas Denizot,

(1) La métairie du Vau était dans la paroisse de Saiiil-Mai*s-la-Brière,

(2) Annuaire de la Sarthe, années 1839-1841.

(3) Annuaire dç la Sarlhe, année 18 H.

le fameux coinle d'Alsiiiois, dont noire Maine s'honore à bon droit (4). Lors de la création du présidial, en 4554, Jehan Denizot fut placé le premier sur la liste des conseillers : il pouvait alors avoir soixante-dix ans (2). On le connaissait sous le nom de bailli d'Assé.

Le 29 décembre 4536, Pierre de Bernay fait acte de foi et hommage pour les domaines du Pré-aux-Lièvres et de la Cropette. Il descendait d'un Jehan de Bernay, fds de honorable et saige homme M** Jehan de Bernay, licencié es loix y qui avait eu procès avec Jehan Crespin , en 4476, h propos de dehvoirs t int de bled^poullardes qx^e autres choses^ lesquels le d, de Bernay tenait es fiefs de Chères et de Monichevrier, Une transaction avait eu lieu par devant M»*® Quierlavoine, en présence de M« Pierre de Courthardy, M« Christophle Forget et M*^ Hugues Pidey. Jehan de Bernay s'était obligé à tenir les d, choses a foy et homaige simple des d, fiefs.

Le 24 juin 4542, Jacques Le Balleur, mari de Martine Crespin, rend déclaration pour le lieu et métairie des Bussonnières. Nous avons vu que Jehan Crespin, frère d'Emefy, avait eu cette terre en partage. A sa mort, il devait avoir laissé ce domaine à sa fille Martine. Jacques Le Balleur se distinguera bientôt, ainsi que son frère Nicolas, parmi les plus exaltés des Huguenots du Mans. Guillaume Le Balleur était procureur de THôtel-de-Ville en 4529 (3). Avait-il pour fils Jacques et Nicolas Le Balleur *?

(1) Haiiréau, Histoire littéraire du Maine, t. Ilf, p.l77-â03. (!2) Peschc, Diclionnait'c de la Sarthe, 1. 111, p. 410. (3) Annuaire de la Sa^'the, année lêit»

§ IV

Renée Crespin, sœur d'Emery, vivait encore en juin 1542. A cette époque, elle fait acte de foi et hommage pour sa moitié du lieu de Montchevrier.

Nous avons sous les yeux un dossier de quelques pièces, dont deux concernent Renéa Crespin, et qui montrent combien, jusqu'au fond de notre Maine, se faisait sentir la terrible lutte engagés entre François P»" et Charles-Quint. Tout possesseur de terre hommagée était obligé de déclarer au sénéchal s'il devait ou non contribuer au ban et à Tarrière-ban. Ainsi un prêtre, M« Jehan Ligeret, demeurant à Sillé-le-Philippe, possédait dans cette paroisse quatre journées de terre et une hommée de jardin. Il déclare tenir à foi et hommage simple : les journées de terre, du seigneur de Boisrier, et le jardin, du seigneur de Pacé; puis de suzerain en suzerain, il remonte jusqu'au Roi. Pour ces objets, dit-il, les seigneurs de Boisrier et de Pacé relèvent du seigneur de Chères, qui tient lui-même du baron de Touvoie, et le baron de Touvoie relève du Roi, à cause de son château du Mans.

Michel Ducloux, demeurant aussi à Sillé-le-Philippe, tient quatre journées de terre à foi et hommage du seigneur de Chères, à cause de son fief de Villechenon relevant da Touvoie, et déclare que lui et ses prédécesseurs ont toujours esté contributifs a païer tailles comme roturiers.

Les déclarations de M*' Jehan Ligeret et de Michel Ducloux sont datées du 23 mars 1539.

Voici les deux pièces produites par Renée Crespin, pour répondre aux ordres du sénéchal :

« 5 Apvril après Pasques 1540. Pardevant Francoys Clamereau, notaire en la court roïal de Boui-gnouvel, damoyselle Renée Crespin, veufve de defFunct noble homme Jehan de Favieres, en son vivant seig"* des Hatelieres, nomme pourson procui'eur especial noble homme Michel de Favieres,

son filz, seig*" de la Jouaisière, affin de vérifier la déclaration des choses heritaulx quelle tient a foy et hommaige du Roy nostre sire. Faict en présence de noble homme Mathurin de Favieres et Jehan Langlois. »

CLAMEREAU.

10 Apvril 1540. € Au Roy, nostre souverain seigneur, je Renée Crespin, veuve de déffunct noble homme Jehan de Favieres, seig"* des Batelières en la parroisse de Rouez, confesse pardevant le seneschal du Maine, commissaire en ceste partie, les choses qui ensuyvent : la court du d. lieu des Batelières, que je tiens a foy et hommaige simple, sans fief ny subjectz, de la dame de la terre et seigneurie des Batailleres, a neuf deniers tournoys de service, chascun an, au jour et feste de Toussainctz, laquelle dame tient lad. terre des Batailleres du seig"* de Yillaine, et celui-ci du seig*" baron de Pillmye, et le seig*" de Pillmye du chasteau de Thouvoye,

qui tient du Roy Item, la moitié par indivis du lieu de

Montche\Tier, au fief de Chères, que je tiens a foy et hommaige simple du dict seigneur de Chères, sans fief ny subjectz, a six deniers tournoys de service, a la Toussainctz,

au dict seigneur de Chères, lequel tient du Roy Et ledict

déffunct mon mary et moy et ses prédécesseurs avons accoustume aller au ban et arrière ban, quant a este le bon plaisir du Roy nostre sire, en la compaignie des autres nobles. Ay faict signer la présente déclaration par honorable homme Guillaume Crespin , licencie es droictz, seigneur de Chères, et François Clamereau, notaire roïal. »

G. CRESPIN. F. CLAMEREAU.

Au dos, on lit que cette déclaration a été présentée par Michel de Favieres , procureur de sa mère, à Christophle Pérot , escuyer seneschal du Maine.

mZET.

Le 8 juillet 1542, Claude du Breil exhibe un contrat, par lequel il a fait acquisition du lieu de Vauhubert, et offre foi et hommage pour raison du dit lieu. Serait-ce le Claude du Breil, conseiller du Roi au Parlement, qui, après la mort de Jehan du Breil, receveur du domaine, tué à Vire, eut la curatelle des enfants mineurs de ce huguenot forcené ? Etienne du Breil, frère de Jehan, périt également à Vire (1). Cas du Breil devaient descendre de Jehan du Breil, que nous avons vu, en 1404, commissaire au Mans pour les francsfiefs et pour les nouveaux acquêts.

§ VI

Les 20 et 22 juin 1552, Jacques Seigneur rend aveu pour partie de son lieu de la Blanchardière, et fait une déclaration pour son lieu d'Hauteville. Il avait été échevin en 1548, et la confiance des habitants l'avait honoré de la même charge en 1552 (2).

§ VIL

Enfin, au mois de juin 1555, Michel Le Gras, sieur du Luart, mari de Françoise Denizot , rend aveu pour son lieu et appartenances de Forges. L'avocat Jehan Denizot était-il mort à cette époque, ou bien avaît-il donné son heu de Forges comme dot à sa fille Françoise, en la mariant avec Michel Le Gras? Boyer, dans si curieuse notice sur Nicolas Denizot, se contente de dire que le père de notre poète fut enterré dans l'église de Saint-Pavin-la-Cité : il n'indique pas

(1) Voir la préface remarquable de M. H. Chardon, en tête des Info'mations sur l'occupation du Mansj^ar les Calvinistes, p. XXV, Annuaii e

C2) Annuaire di la Sai the, année 18il.

la date (1). Michel Le Gras, beau-frère du comte d'Alsinois , devint conseiller au présidial : peut-être succéda-t-il à son beau-père, dont la charge fut estimée comme partie de rhéritage de Françoise (2). On le verra, lors des troubles religieux, remplir un rôle important. C'est le fondateur d'une grande famille: son fils aîné, François, sieur du Luart, mari de Diane Gamier, devint conseiller au Parlement de Bretagne ; plus tard , il fut appelé au Grand-Conseil (3).

Une pièce du 19 janvier 1558 nous représente Renée Chesnay comme veuve. Guillaume Crespin a dû , par conséquent, mourir entre 1555 et 1558. Il était seigneur du Vau, à cause de sa femme, et il laissait cinq enfants : Charles, qui lui succéda comme seigneur de Chères, Anne, Marguerite, Guillaume et Marie. Suivant un testament, dont nous aurons à faire quelques extraits , il fut enterré dans le chœur de l'église des Jacobins du Mans.

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