CHARLES CRESPIN
Le nouveau seigneur de Chères fut, comme son père, homme de loi. Nous ne savons à quelle époque il s'est marié ; c'est une pièce de 1590, qui nous apprend le nom de sa femme : elle s'appelait Madeleine Surgan.
Charles Crespin embrassa avec ardeur les nouvelles idées religieuses, qui commençaient à troubler les esprits dans le Maine. Il ne figure pas , à la vérité , dans le curieux registre du Consistoire (4) : il n'était ni surveillant, ni diacre, et il
(1) Annuaire de la Sarthe, 1812.
(2) Pesche, Dictionnaire de la Sarthe, t. III, p. 41îK
(3) Diane Garnier était fille de nôtres élèbre poète tragique.
(i)On doit au zèle de M. H. Chardon la publication de ce document dans V Annuaire de la Sarthe, année 1867.
n*est pas nommé parmi ceux qui fréquentaient les prêches et faisaient la cène. Mais, d'après la conduite qu'il tint plus tard, nous pouvons le regarder comme l'un des agents les plus actifs de la société religieuse et politique, organisée dans notre ville par les ministres Salvert, Merlin et Poinsson.
Il était bien jeune d'ailleurs et attaché par de vieux liens de famille à Nicolas Le Balleur, sieur de la Durandière et avocat ; à René de Langlée, sieur de la Sauvagère et conseiller au présidial ; à Charles de Langlée, sieur de la Menarderye, et à d'autres encore qui ont joué, dans le triste drame de 1562, un rôle déplorable.
Quand les calvinistes quittèrent le Mans, le 11 juillet, au milieu du plus grand trouble, Charles Grespin était-il au nombre des fuyards? Ou bien, se cacha-t-il? Sa maison de Chères était bien près de la ville, et encore plus près de Touvoie. Nous n'avons aucun indice sur le lieu qu'il choisit pour se mettre à l'abri des poursuites.
L'enquête, à laquelle se livra maitre Michel Le Gras, sieur du Luart, conseiller au présidial, nous donne des détails sur la part que prit le sieur de Chères à l'invasion de la ville. Cette enquête commença le 5 août et fut poursuivie avec vigueur, sinon avec rapidité. Voici la déposition qui signale Charles Grespin comme l'un des principaux acteurs :
« Du 7« août 1562, Pierre Maignan, praticien en court laye, Agé de dix-neuf à vingt ans, demeurant en la paroisse Saint- Benoit de cette ville.
« Il déclare que le vendredi, tiers jour d'avril dernier, lors et h l'instant de la prise de la ville et du château, il vit au dit château M° Thibault Bouju, juge criminel. M*' Jehan de Veignolles, lieutenant particulier. M® Grespin, sieur de Ghesres, W Jean du Breil, receveur du domaine, W Pierre Bouju, appelé S*-Marceau, Jean Bouju, son frère et M^ Jean du Val, tous lesquels ayant chacun une arquebuse et aucuns bois longs, gardaient la porte du dit château et tenaient leurs arquebuses vers les fenêtres des maisons proche du dit
chât3au, disant à haut? voix : Donnez-vous garde des
chanoynes qui ont lours maisons proche du dit château
Il a aussi mémoire qu'avec de Veignolles étaient M" René de Langlée, sieur de la Sauvagcre »
Dans les autres dépositions ne paraît pa-s le nom de Charles Crespin. Faîit-il en conclure qu'il devint plus réservé, après cette première journée de la sédition? Nous ne le voyons pas parmi ceux qui présidèrent au pillage à jamais regrettable de la cathédrale et de Saint-Pierre-de-la-Cour ; rien n'indique non plus que son parent, le trop célèbre Charles de Langlée, sieur de la Ménarderie, l'ait associé à sas tristes exploits au couvent des Jacobins.
A la suite de l'enquête faite par M^ Michel Le Gras et d*une autre, entreprise dès le mois de septembre , à la demande des Frères prêcheurs, les gens tenant le siège présidial rendirent, le 21 novembre, une sentence terrible qui frappa les chefs et les agents les plus connus.
Furent condamnés :
A être roué, le sieur de Veignolles, lieutenant-particulier ;
A être décapités, Thibault Bouju, juge criminel; huit conseillers au présidial, parmi lesquels était René de Langlée ; deux avocats du roi ; quatre membres de la prévôté ; deux élus du Maine ; Jean Le Balleur, bailli des eaux et forêts; Thibault L3 Vallsur, dit Beccane, greffier des insinuations des contrats royaux , etc ;
A être pendus, Mathurin Briant, greffier des insinuations ecclésiastiques; la femme du dit de Veignolles, etc ;
Les ministres Pierre Merlin et Poinsson , cinq femmes de conseillers et avocats du roi, etc., devaient être pris et appréhendés au corps, pour être ouïs et interrogés, etc.
Le 22 janvier suivant , une seconde sentence du présidial atteignit un grand nombre d'autres accusés.
Trois licenciés è,s /orx; le célèbre Gervaise Le Barbier de Francour, dit Calvin, un d^s surveillants, Nicolas Antin,
et plusieurs autres devaient être brûlés viÉs; M** Guillaume Thomas, rompu et mis sur une roue; Jehan de Saint-Denis, décapité.
Soixante-cinq , tant hommes que femmes , parmi lesquels nous remarquons Nicolas Le Balleur, sieur de la Durandière, et Etienne du Breil , étaient condamnés à être pendus.
Enfin quarante-cinq autres, de Tun et de l'autre sexe, au nombre desquels étaient Charles Crespin, sieur de Chères, Charles de Langlée, sieur de la Ménarderie et sa femme, « seront prias au corps et admenez prinsonniers es prinsons royaulx de ceste ville, et a faulte de les pouvoyr aprehender, ilz seront adjournez a troys briefs jours a comparoir en leur personne pour estre ouys et interrogez sur les dictes charges et informations et conclusions du procureur du Roy, ester et obeyr a droict comme de raison , et cependant les biens et choses des dessus dictz, hommes et femmes, seront saisys et régis soubz les mains du Roy et au régime des dicts biens ordonnez commissaires » (1).
Mais ces condamnations en massa, prononcées contre des gens en fuite , ne furent suivies que de quelques exécutions, dont furent victimes des rebelles obscurs, pour la plupart. Ces pauvres hères, entraînés plus que convaincus, payèrent de leur vie les crimes des chefs , cent fois plus coupables qu'eux.
Charles Crespin profita de l'amnistie qui , dès le mois de mars suivant, couvrit d'un voile tout le passé. Revint-il sincèrement à la religion de ses pères?
Si l'on s'en rapporte aux registres de la paroisse du Crucifix du Mans, on ne peut avoir de doutes à cet égard. Le seigneur de Chères y paraît six fois, de 1570 à 1579, tantôt comme parrain, tantôt comme père. Mais, chose digne d'être notée, il choisit, pour nommer ses enfants, d'anciens amis, convertis comm3 lui et rentrés en grâce,
(1) M. H. Chardon a publié dans V Annuaire de 1868 les enquêtes et les sentences, dont nons venons de faire des extraits.
M« Louis Le Tourneur, lieutenant de la prévôté, et noble Jehan de Veignolles, lieutenant-particulier, dont l'un avait été condamné à être décapité et Tautre à être rompu sur une roue. Il ne tarda pas, au reste, à se créer au Mans une position honorable. S'il s'était gravement compromis, dans l'elTervescence de la jeuness?, en compagnie de parents et d'alliés , dont l'âge et l'autorité lui en avaient imposé , il trouva dans la famille de sa mère des soutiens puissants.
Au milieu des troubles qui continuèrent d'agiter notre pays, le nom de Charlas Crespin parait encore une fois dans les documents , qu'on pourrait appeler officiels. Ce fut sur la fin du règne ds Henri III ; mais il ne s'agit plus d'enquête criminelle, ni de sentence capitale.
Avant d'aborder cette dernière partie de la vie de Charles Crespin, nous allons passer en revue les actes les plus importants de cette époque, relatifs lu fief de Chères et signalés par l'inventaire. Ils embrassent une période d'environ trente ans.
ML
En 1550, Pierre de Bernay était mort : la métairie du Préaux-Lièvr.^s et le lieu de la Cropetle appartenaient alors à Antoin? de Chahanay, qui rend hommage pour les dictes choses le 7 juillet (i).
L? 19 aoât 1500, M'' Michel Le Gras, sieur du Luart, rend hommtig? pour raison de la terre de Feumusson et de ses deux lieux de Forges. Nous avons vu qu'en 1476 Feumusson était possédé par Pierre de la B^ccane. En 1483, le sieur de Feumusson s'appelait Jean de la Beccane ; et sa veuve, Jdhanne L3 Royer, faisait acte de foi et hommage pour cette terre en 1492. Notre registre ne mentionne plus d'offre de
(I) Voir sur la famille de Cliahanay, C^uw'm^ Essai sur Varmorial du dimx'se du Mans^ et IVsche, Dictionnaire de la Sarlhe, ailicle Saint-Nîarsla-Hi iére.
foi pour le même lieu jusqu'en 4566. Nous ne savons comment expliquer un? pareille lacune. En 1562, Thibault Le Valleur de la Beccane se fit remarquer parmi les plus ardents des calvinistes, qui tinrent en leur pouvoir la ville du Mans, et il ss trouvait au nombre des accusés condamnés, le 21 novembre, par sentence du présidial, à être décapités. S'il était seigneur de Feumusson, l'acquisition de ce domaine par M* Michel Le Gras, l'un des juges, paraîtra au moins étrange. En 1689, un Joseph de la Beccane, écuyer à Chevillé, était maintenu au rôle de l'arrière-ban.
Le 14 juin 1568, la mère de Charles Crespin, Renée Chesnay, étant morte, il veut partage des biens de la défunte et de feu M« Guillaume Crespin, pardevant M« Guillaume Lejecté, liceuch) es loix, notaire et tabellion juré de la court royal du Mans. C'est dans cet acte que nous avons trouvé les noms des puînés du sieur de Chères. Il y est lui-même qualifié d'enqucsteur du Mainp,
D'après la même pièce, Anne était mariée avec M® Simon Gouault, licencié-ès-droits, avocat au siège présidial du Mans. Marguerite, femm^ de Pierra Garnier, habitait la ville de Laval. Quant à Guillauma et à Marie, mineurs de \ingt ans, ils demeuraient au Mans. Charles Crespin, tant pour son droit et préciput qui lui appartenait es choses hommagées que pour les choses censives , conserva le fief de Chères. M® Simon Gouault eut la maison située en la Grande-Rue du Mans , où était morte Renée Chesnay (1).
La pièce en question est tellement en lambeaux, qu'il ne nous a pas été possible d'y trouver les parts des autres héritiers. Mais nous savons, d'une autre source, que Guillaume eut la métairie du Vau, et un acte du 12 septembre 1601 nous apprend que le Haut-Montchavrier fut le lot de Marguerite (2).
(i) Simon Gouault a été échevin du Mans en 1577. Annuaire de la Sarlhe, année ISil.
(2) M* François Garnier, sieur du Tertre, procureur du Roy à Laval, vend
Marie épousa M*' Pierra Monchàtra , siaur des Fourneaux , avocat : suivant un3 pièce du 22 mai 1602 , elle avait « opté le lien et hordage de la Pierre » (1).
En 1569 , il y eut une aliénation partielle des biens de VEgVisd, aViti d'aLidarle roi € en la près mnte nécessité de ses affaires ». Charles Cr^spin, alors enqtiesteur pour le Roy au siège présidial du Mans, acquit pour quatre cent cinquante livres tournois , huit quartiers de vigne ou environ , sis au clos de Clierais, en son fief, et appartenant à l'abbaye de Saint-Vincent. Cette vente fut confirmée, le 12 novembre, par pièce authentique, signée des cardinaux Charles de Lorraine et Charles de Bourbon, et de Tarchevêque de Sens, Nicolas de Pellevé (2) Une autre aliénation du temporel de TEglise avait eu lieu déjà, dès 1563, par ordre royal, et le sieur de Chères, naguères proscrit, avait également acheté, pour trois cent cinquante livres, huit quartiers de vigne au même clos et dépendant de ladite abbaye.
Il n'est plus question des du Breil pour le lieu de Vauhubert, qui avait dû être vendu après les événements de 1562. Le dix-neuf octobre 1570, Macé Gauguet, mari de Marguerite Blondeau , François et Gervais Blondeau offrent foi et hommage pour leur domaine de Vauhubert. En 1571 , Emery Blondeau et Jacques Bernard rendent aveu pour raison du dict linu. Ne serait-ce point de cette famille Blondeau qu'est sorti le fameux avocat du XVII^ siècle?
Dans la môme année, Michel de Favières rend déclaration pour le lieu des Goislardières, et Jehan de Favières, pour celui de Montchevrier. Ils descendaient de la sœur d'Emery Crespin; nous n'avons pas sur eux d'autres renseignements.
le Haut-Montchovrier, qui lui appaiicnait à titre successif de défunte Marguerite Crespin^ sa mère ( Pièce du 12 septembre ICOl. )
(1) M* Pierre Monchàtre, sieur des ï-'ourneaux, avocat, vend à M' Jehan du Val, demeurant au Mans, la moitié et trois septièmes de l'autre moitié du bordage de la Pierre ( 22 mai 1G02 ).
(2) Les signatures de ces célèbres personnages sont parfaitement conservées.
Il parait que Tavocat Jehan Denizot avait eu une autre fille, mariée à Jacques de Mondagron, et qu'il lui avait laissé, comme à Françoise , un domaine faisant partie de l'ancien fief de Forges. Ce Jacques de Mondagron rend hommage , pour raison de ce domaine, par son procureur Michel des Loges, le 21 juillet 1571. Il était mort en 1574, et sa veuve, Louise Denizot, fait acte de foi et hommage pour le même lieu (1).
Le 13 juillet 1575, Nicolas de La Lande, mari de Catherine de Chahanay, rend hommage pour le Pré-aux- Lièvrv?s et pour le bordage de la Cropette. Catherine étaitelle fille d'Antoine de Chahanay?
En 1577, les chapelains d3 Saint-Michel rendent déclaration pour le lieu de la MePv^erie.
En 1583, Charles Crespin, ayant à se plaindre du maître de Coëffort, qui ne s'ac(juittait pas des devoirs et services dus pour raison des lieux de Beaucé et autres , obtient de la sénéchaussée un jugement contre le dit maître. La saisie féodale faite sur les domaines du récalcitrant était confirmée.
Le premier mai 1588, Charles Crespin fut nommé receveur de la ville. C'était h un? époque bien difficile, et la responsabilité du receveur divenait lourde, on pourrait dire accablante, à mesure que les événements se précipitaient. Et quels événements ! La fuite de Henri III à Chartres ; le double meurtre de Blois, accompli sur la personne du duc de Guis? et sur celle de son frère, un prince de l'Eglise ; le
(l) Cauvin, dans son Eshai sur l'arnioi*ial du diocèse du Mans, dit qu'il y avait piiisieuis familles de ce nom, et il cite un Jean-Baptiste de Mondagron, sieur de Hires, porté au rôle de Tarrière-ban de 1689. De Maude parle d'un Cyprien de Mondagron, écuyer, maintenu en 1698. En 1576, on voit un sieur de Mondagron dans rassemblée des Trois Ordres réunie au Mans pour nommer des députés aux Etats de Blois {Annuaire 1831).).
siège de Paris entrepris par le roi et par le Béarnais réconciliés ; le coup de Jacques Clément ; enfin la guerre faite par les Ligueurs, qui disposaient de la France presque tout entière, contre un roi légitima, mais hérétique !
Le Mans, fidèle à Henri III, lui députait à Chartres un de ses échevins, B^rthelot, pour l'assurer de sa soumission et de son dévouement. Il fermait ses portes, s'armait pour se défendre, et contre les Ligueurs et contre les Huguenots. Mais bientôt, n'écoutant que sa foi ardente, et les désordres des royaux sur divers points de la province aidant, il devient ligueur ; il imite Paris jusque dans ces processions extraordinaires, dont les auteurs du temps nous ont laiasé des descriptions si curieuses. L'évoque Claude d'Angennes, partisan du droit héréditaire de Henri de Navarre, s'était enfui depuis longtemps, pour sauver sa tôte. Boisdauphin était tout puissant; et, pendant que son lieutenant de Lansac battait la campagne à la poursuite des troupes royales, tantôt vainqueur, tantôt vaincu, prenait Touvoie, l'Epichelière et autres forteresses occupées par des garnisons ennemies, il faisait réparer les fossés de la ville, rasait les maisons des faubourgs trop rapprochées des murailles et entassait dans l'intérieur des remparts des provisions et des armes. Le Béarnais pouvait venir, il serait bien reçu. Il approchait en effet ; bientôt il est maître des faubourgs, il met en batterie ses canons et, aux premières volées, il voit les Ligueurs hisser le drapeau blanc 1
« Pendant la capitulation, dit Trouillart, qui cite lui-même un passage de Palma Gayet, la noblesse accusoit l'infanterie de lascheté de n'avoir voulu combattre, et au contraire, K^s gens de pied reprochoient aux gentilshommes qu'ils avoient capitulé malgré eux, et fut trouvé estrange d'avoir faict despendre a un peuple plus de 50,000 escus pour fortifier la ville et les forsbourgs, avoir bruslé pour plus de 100,000 escus de maisons, ruiné le pays de dix fois davantage,
pour attendre trois volées de canon et puis se rendre si facilement (1). »
Qu'on juge, d'après ce tableau rapide des années 1588 et 1589, des soucis et des alarmes du receveur de la ville î
Les Extraits des registres de V Hôtel-de-Vilie (2) nous donnent quelques détails financiers, qui viennent à l'appui des plaintes de l'historien, et qui montrent combien de journées affreus3s et de nuits sans sommeil dut passer Charles Grespin,
« 1588, juillet. Ordonnances renouvelées au sujet de la garde de cette ville, les escouades seront vues et vérifiées par chaque capitaine en présence d'un échevin...
21 juillet. Vers trois ou quatre heures du matin, La Motte- Serent entra avec gens de guerre en cette ville, par la porte du Pont-Neuf, ouverte avec de fausses clefs....
1589. On présente aux Elus, dans le conseil de ville, une commission des princes unis, pour la levée en cette Election des deniers nécessaires ; les Elus promettent de l'exécuter de point en point
Fortifications faites dans l'enclos des Jacobins,..,.
Il est ordonné que toutes les maisons, bâties à moins de cent pas des fortifications, seront rasées
Le fermier de Beaulieu emprisonné, faute de paiement de la taxe mise sur l'abbaye pour la levée des deniers destinés aux fortifications de la ville ; élargi sur son ofl're de payer dans un mois.
L'abbaye de la Couture est taxée à onze cents écus pour les fortifications des monastère et faubourg de ce nom
(1) Trouillart, les Comtes du Maine, p. 188.
(2) Les délibérations de THôteMe-Ville du Mans étaient inscrites sur un grand nombre de registres, dont le plus ancien remontait à 1553. Ces registres ont été détruits à la fin du siècle dernier. W n'en reste malheureusement qu'un sommaire pâle et incomplet, qui fait actuellement paiiie des archives municipales. Ce travail, certes, ne peut nous consoler d'une perte aussi grande, due à Tune de nos convulsions politiques ; mais il n'en renferme pas moins des détails' fort intéressants, qu'on ne saurait trouver autre part. Cauvin en a publié les parties les plus importantes dans r Annuaire de 1835.
Contribution ordonnée pour la levée des gens de guerre ; le clergé en paie un cinquième
On envoie à M*" de Lansac, qui assiég.^ Touvoie, une pièce de campagne, trente boulets et soixante livre de poudre. Cette pièce, ayant fait vent et ne pouvant plus servir, est remplacée par deux autres. On expédie aussi pour le camp de Touvoie cinquante pièces de morue avec deux cents livres de beurre.
Répartition de la somme de 15,000 1. sur les paroisses de la ville, faubourgs et quinte, montant d'un mois de solde et d'appointements des gens de guerre, pour la défense de la ville ; le clergé y contribue pour un cinquième.
Le lieutenant-général Taron emprisonné, faute de paiement de sa taxe; élargi sous la caution du conseiller Dagues
Le fermier du dixième demande rabais à sa ferme ; on lui accorde le tiers
Il est accordé à M. de Lansac quarante mille écus h prendre sur les tailles pour le rembourser des dépenses qu'il a faites à la prise de Touvoie, TEpichelière et autres
1590. Le général des habitants est d'avis que le corps de ville présentera requête au roi pour le supplier de faire rabais de la somme de vingt-huit mille écus promise par les habitans taillables, lors de la capitulation »
Nous ignorons l'époque précise de la mort de Charles Crespin. L'auteur des Extraits constate qu'en mai 1589 on élut seulement deux échevins et un procureur, que le receveur fut maintenu, et qu'en 1590, pendant toute l'année, le receveur fut M« Charles Breslay , sieur de la Guitonnière. On peut en conclure que le sieur de Chères est décédé au plus tard dans le courant de 1590. D'ailleurs, un de nos documents, en date du 12 décembre 1590, nous montre Madeleine Surgan (1), vevfve feu A/« Charles Crespin^
(1) Les Surgan étaient nobles. De Magdeleine Auberl mariée à no))Ie Guillaume Surgan, seigneur de la Courbe, et inhumée en l'église Saint- Pierre-l'Enterré en i632, sont sortis : Noble Jacques Surgan, seigneur de la Courbe, marié en premières noces à N. Seigneur, et Marie Surgan, mariée en 1617 à noble René Le Roy. seigneur des Perrays, receveur des
soutenant un procès tant en son nom que comme tutrice des enfants mineurs issus d'elle et du dict deffucnt contre Jacquine Lego, veufve feu André Marais.