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CHAPITRE XI

Jacques Vasse et Anne Crespin (suite),

Jacques Vasse vit finir ses fonctions d'échevin au mois de mai IMS, et il resta, comme par le passé, avocat au siège présidial.

11 était, dès 1613, bailli du Chapitre de la cathédrale, ainsi que l'indique l'acte de baptêmo de sa fille Marie.

La charge de bailli du premier corps ecclésiastique du diocèse n'était pas seulement fort honorable, mais encore lucrative. D'un autre côté, Jacques Vasse devait rencontrer au palais des clients, qui payaient généreusement son éloquence. Si l'on joint à ces deux sources de revenu son patrimoine propre et l'héritage que fit, en 1620, Anne Crespin , on aura une idée assez nette de la position aisée à laquelle il était parvenu.

Aussi , dès la fin de cette année 1620 , il se trouva en mesure d'acquérir, par retrait féodal, le lieu des Goislardières, relevant censivement du fief de Chères.

(1) Extraits des R&jislr&f de Vllôtel-de- Ville, fol. 43-17.

Depuis la déclaration rendue en 1550, par Michel de Favières, pour cette métairie, un autre Michel de Favières, proche parent du précédent, était devenu possesseur du même domaine , en 4571.

Les successeurs des de Favières nous sont connus , grâce à un acte du 27 février 1620, qui nous révèle en même temps Fexistence d'une branche de la famille Crespin. Suivant cette pièce, les Goislardières avaient passé, par achat ou par succession, des de Favières à M® René Crespin, contrôleur du grenier à sel de la ville du Mans. Ce René Crespin descendait - il de Jehan Crespin , sieur des Bussonnières, et frère d'Emery Crespin? C'est probable, et dans ce cas, Martine Crespin, femme de Jacques Le Balleur , aurait eu un frère.

M® René Crespin laissait à sa mort plusieurs filles, parmi lesquelles était Scholastique Crespin, mariée à Denis Pépin, sieur de Louvardière. Scholastique avait eu de son père, pour sa part d'héritage, entre autres biens, le lieu des Goislardières. Elle mourut sans enfants, au mois de janvier 1620, après avoir, par testament, donné à son mari la jouissance de ses propres. Les héritiers de la défunte , ayant menacé Denis Pépin d'un long procès , il y eut entre les parties un arrangement, par lequel les parents de Scholastique pouvaient disposer entièrement des Goislardières, et dès le mois d'avril suivant, la métairie était vendue par eux à noble Jean Vasse, lieutenant-criminel, pour la somme de quatre mille livres tournois.

On voit présents à la vente, ou représentés, tous les membres survivants de la famille de M« René Crespin. D'un côté, était le sieur de Louvardière ; de l'autre, M« Mathurin Le Bourelier, enquêteur pour le roi au siège présidial et sénéchaussée du Mans, et Marguerite Desboys, sa femme; Gatianne Desboys, veuve de M« Geoffroy Le Breton, vivant receveur du taillon du Maine ; Françoise Crespin , veuve de M« Louis de Monthoté ; Suzanne Crespin , veuve d'Antoine

Fournier, et encore M« Mathurin Le Bourelier, au nom des enfants de défunte Françoise Desboys , en son vivant femme de défunt René Martin.

Ajoutons que Jean Vasse (1) avait probablement acheté les Goislardières de concert avec son cousin, et que le retrait féodal fut une simple formalité.

Deux ans après, Jacques Vasse fit une acquisition plus importante, celle de la terre, fief et seigneurie de la Ferrière, sis en la paroisse de Brette, et relevant à foi et hommage du roi , à cause de son chûteau du Mans.

L'acte , daté du 9 août 4G22 , fut passé pardevant M<^ Estienne Touchard, notaire de la cour royale du Mans, demeurant paroisse de Saint-Pierre-de-la-Gour. Les vendeurs étaient Paul de Saint-François, écuyer, sieur de Blanchamp, y demeurant, paroisse d'Auton, en Vendômois, et Phihppe de Thizart, aussi écuyer, sieur de la Grand-Cour, mari de damoiselle Françoise de Saint-François, demeurant au lieu seigneurial d'Argouges, paroisse de Ruigny en Touraine, tant en leur nom que comme procureurs de damoiselle Françoise de Saint-François, et de damoiselles Léa et Marie de Saint -François, ses sœurs, demeurant audit lieu seigneurial de Blanchamp.

L'acquéreur devait payer , pour raison du moulin de la Ferrière, neuf boisseaux de blé seigle, mesure d'Outillé, à la recette de la chûtellenie dudit Outillé, le dimanche après la Saint-Martin d'hiver, et la somme de dix livres, huit sous, quatre deniers au chapelain de la chapelle du Ronceray, en la compagnie des sieurs de Toumetot et de la Mauvisière, qui étaient tenus de faire chacun pareille somme. Il devait, en outre, laisser prendre sur les devoirs et rentes de la Ferrière, par le procureur fabrical de l'église de Brette, la somme de soixante sous par chacun an, selon la coutume, et acquitter les devoirs seigneuriaux et féodaux.

(1) Jean Vasse, lieutenant-criminel au Mans, mourut sans enrants. H était oncle maternel des cinq frères Le Vayer.

Le prix de la vente était de six mille trois cents livres, que M® Jacques Vasse s'engageait h payer de la manière suivante : aux sieurs et damoiselles de Saint-François , trois mille livres; au sieur de la Barre, trésorier - général de France en la généralité de Bourges, deux mille cinquante livres; aux héritiers de défunte damoiselle Elizabeth de VignoUes, vivante veuve de Louis Belot, écuyer, sieur de Haut-Bois, neuf cent trente livres ; au sieur de la Bataillère, conseiller du roi, élu, contrôleur en l'Election du Maine, demeurant paroisse de Saint-Pierre-l'Enterré , pour une année de la rente de six cents livres, la somme de trentesept livres, dix sous (4).

On lit à la fin de l'acte de vente : « A tous ceulx qui ces présentes verront, nous, Ambroys Delelés, notaire royal en la cour du Mans, scavoir faisons que, cejourd'huy unziesme jour daoust, lan mil six cens vingt deux, nous sommes transportés exprès de cheval du Mans, nostre demeure, avec honorable M« Jacques Vasse , sieur de Gourtœuvre , advocat au d. Mans, jusques au lieu de la Ferriere, parroisse de Breette, avec les tesmoings cy après, ou estant le d. Vasse a pris et appréhendé la pocession réelle et actuelle du d. lieu de la Ferriere et choses en deppendant, entrant dedans la maison ou il a esteint le feu, fermé les portes, et delà entré dedans le jardin, ou il a rompu des branches d'arbres, sest promené sur les d. terres et bois de haulte fustaye, et a dict qujl faisoit les d. actes suivant et en exécution du con tract cydessus, et y avons trouvé JuUian Bigot, fermier du d . lieu, auquel avons leu le d. contract a ce quil n'«n prétende cause dignorance. . . .

» Faict au d. lieu , es présences de M« Pierre Montagu , clerc juré au greffe civil de la sénéchaussée, et Jehan

Belard, serviteur domesticque du d. Vasse »

DELELÉS (2).

(4) Tous ces détails et Vacte de prise de possession, qui suit, sont tirés de trois magnifiques pièces sur parchemin.

(2) Ambroys Delelés était parent ou allié de Jacques Vasse par Yolande

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