DUTERTRE
Que de réflexions nous serions tenté de faire a la suite de ce récit rapide, si nous voulions sortir des limites que nous nous sommes tracées en entreprenant ce travail ! Qu'il nous soit permis du moins de dire, que nous ne pouvons sans
frémir penser aux souffrances d3 la malheureuse fille, pendant que les sergents la ramenaient de Paris à Chères. Elle savait qu'elle allait mourir : chaque pas ou chaque tour de roue , car nous ignorons si elle revenait à pied ou en charrette, la rapprochait du heu du supplice, et le voyage dura peut-être huit jours! Reçut-elle enfin de la bouche d'un prêtre quelques paroles de consolation et le pardon suprême , soit dans sa prison , soit dans le moment où le bourreau mettait la main sur elle? Notre procès-verbal, d'une sécheresse désespérante , n'en dit mot !
Dix-huit mois plus tard , le seigneur de Chères était sur le point de quitter une vie, qui fut abreuvée d'amertume, malgré les honneurs de cour : les dettes le rongeaient.
On lit dans les registres de la paroisse de Savigné : d Le 17 avril 1684, inhumé le corps de deffunct Jean Vasse, vivant escuyer seigneur de Chères, conseiller du Roy, lieutenant de ses gardes en la prevosté de son hostel et grande prevosté d} France, capitaine des chasses de Sa Majesté, en la chapelle de Saint-Jean annexée a leglise matrice de cette paroisse, es présence de M° Charles Bonsergent, prestre vicaire de céans et de Jean Foucqué, diacre. »
BONSERGENT, FOUCQUÉ,
BUON, curé.
Nous savons que Jean Vasse avait laissé un testament et nommé pour exécuteur de ses dernières volontés son bailli, M^ Pierre Menard. Il est regrettable qu'une copie de cette pièce ne se trouve pas parmi nos documents. Elle nous aurait peut-être éclairé sur la cause véritable des embarras d'argent qui, après avoir fait le tourment du père, devaient exercer sur l'avenir de ses enfants une influence déplorable.