DE CHERE. J
Qu'auraient dit les Crespin du XVI* siècle, les Vasse du XVII* , les Chouet, conseillers de cours souveraines, conseillers du présidial, l'échevin Jacques Chouet de la Gandie lui-môme, s'ils avaient pu lire ces quelques lignes d'un de leurs descendants I
Une autre remarque à faire, c'est que des trois fils de Louise Ledemé, deux avaient embrassé la carrière des armes, et que ses deux filles, qui se marièrent, furent unies à d'anciens militaires. GhaHes-Louis Crespin avait été longtemps au service, avant de venir se fixer a Torcé.
suivant , qui découvre pleinement combien les ressources de Louise Ledemé étaient restreintes, malgi'é l'héritage qui venait de lui échoir.
L'acte est du 16 février 1746. Pierre-François Thoulet y est qualifié officier de milice.
« La dame veuve de la Gandie voulant, autant qu'il est en elle et que ses facultés le permettent, procurer la subsistance de ses enfants, abandonne a Charles Choust, son fils, le lieu des Hautes Bussonnieres et 50 livres a prendre annuellement sur la ferme des bois, taillis et garennes attenant aux dites Bussonnieres : en outre, elle le logera, le nourrira a sa table, le chauffera et blanchira, tant quelle et lui pourront vivre et compatir ensemble ; sinon et au cas quils fussent obligés de se séparer, elle lui abandonnera les Hautes et Basses Bussonnieres, plus la ferme entière des bois et taillis cydessus nommés, mais il ne pourra abattre aucun chesne »
« Pour sacquitter vers le sieur et la dame de Montargis de la somme de 3,000 livres quelle a promise a sa fille en la mariant, et asseurer a chacune des demoiselles Marie et Madeleine Jacquine Chouet 60 liATes de rente, elle se démet en faveur de toutes trois du lieu du Perray affermé 270 livres, comme aussi elle abandonne a Marie Jacqueline pareille somme de 60 livres a prendre sur une rente foncière due par le sieur Briere de Savigné. De plus, soblige la d. veuve de La Gandie de fournir annuellement a chacune des d. Marie Jacqueline , Marie et Madeleine Jacquine une charge de blé, mesure de Montfort, un cent de fagots et un poinçon de cidre »
Nous ne savons pas si la mère et le fils purent « compatir » ensemble jusqu'à la fin. Quant aux filles, qui avaient sans doute quitté la maison seigneuriale au moment des plus vives querelles, on les voit établies dans le bourg de Savigné, vivant des petites ressources, que- le règlement précédent leur avait données. Cette séparation accusait de profonds
dissentiments et ne faisait honneur ni à la dame de Chères , ni aux demoiselles de La Gandie.
Peu de mois après le mariage de Marie-Jacqueline, Louise Ledemé, si vive h Tendroit du vicaire Etienne Bouvet, demandait dans un testament, daté du 10 juin d74!>, de nombreuses prières à TÉglise: douze messes basses pour le repos de Fume de madame sa mère, douze messes basses pour le repos de Tame • d'un particulier, (elle voulait sûrement parler de son fils Louis) deux messes pour le repos d3 TArne de monsieur son mari à Tautel du Rosaire, trois messes de Sainte-Marguerite à la chapelle de l'hôpital et d?ux de Sainte-Barbe à l'autel du Rosaire, une grande messe pendant dix ans pour le repos de son âme le jour de Saint-Louis, dix masses basses aussitôt son décès h la chapelle de Notre-Dame-du-Pin en Sillé-le-Philippe, neuf masses basses aussitôt son décès à la Notre-Dame-de-Torcé , neuf messes basses aussitôt son décès à la Notre-Daiiiede-Pitié de Saint-Julien, deux messes aux Minimes devant Saint-François, deux messes aux Cordeliers devant Saint- François Son corps devait être enterré dans la chapelle
de Saint-Jean du dit Savigné, lieu ordinaire de la sépulture de s^s ancêtres
Elle vécut encore près de dix ans, au grand désespoir du sieur Thoulet. Sa mort arriva, le G février 1759 , et, suivant son dénr, son corps fut inhumé dans la chapelle de Saint- Jean. M. de Montargis assistait à la cérémonie funèbre, mais l'acte de décès porte qu'il ne voulut pas signer.