ACTE raEMlEH
Un soupçon?
MAUYERGNAT.
Cruel. Car n'est-il pas douloureux de se dire qu ou a pu avoir pour atni un homme d'une moralité douteuse?
Je ne sais pas de quel ami vous parlez,
HACTERGNAT.
De Fontenay.
MADA3IE BERTEAU.
• Et vous Je soupçonnez?...
MAUVËHRGXAT.
Daniel pourquoi se cacliait-ii de salaniiiie? Je conçois un parent riche qui se cache d'une famille pauvre; mais que, pauvre, il se soli dérobé à des parents riches, qu*il se soit blotti piteusement rue Mouiletard* jqu'il y ait vécu — si c'est flvrel — comme il y vivait...
MADAME BERTEAU
Gomment y vivait-il? Oh! dites-le-moi.
MAUVERGNAT.
Comme un criminel. Sombre et bizarre. Jamais un ami. Ne dînant jamais dehors. Il ne sortait que la nuit. Et déguisé. Eu blouse et en casquette. Je vous laisse à juger le bien que ce mystère-là faisait à son commerce. De peur d'être reconnu à ses tableaux, il les envoyait à l'étranger; — on ne lui en renvoyait pas souvent le prix, naturellement.
MADAME BERTEAU
Ce qu'il recevait suffisait-il ?...
h\i FILS.
MAUVËBGMAT. ^
A mes termes? Tout juste. Je vous réponds qu'il n'a pas maugé tous les jours 1 £t sa santé s'en est joliment trouvée I Le voilà malade, bon. £Di bien, il a mieux aimé n'avoir ni médecia ni médicaments...
MADAME BËRTEAd.
Il n'en a pas eu? Votre ami?
MAUVERGNAT.
Je suis pour ne pas contrarier les malades. Qu'est-ce donc qu'il dissimulait? 11 n'a -eu jusqu'à la lin qu'une préoccupation : s'anéantir. Sous toutes les formes. Tenez, ce portrait, il voulait le détruire, j'ai du le lui arracher. Je vous le demande, comment expliquer autrement que par quelque prudence suspecte cette cachotterie avec des parents qui auraient été heureux de le soigner? car, s'il vous avait avertie de sa maladie, vous seriez certainement venue vous installer à son chevet. #
MADAME BERTEAU
Ohi oui, malgré tout!
MAUVERG?iAT, à part.
Malgré tout! c'étsût son amant. — VoQà pourquoi elle
a payé le loy er. ( Madame Berteau regarde le portrait uvoc émotion. t)
Respectons sa douleur. C'était son amant, qu'est-ce que je peux tirer de là? Mais pourquoi a-t-eUe amené son fils? Elle n'a pas l'air d'une femme qui mêlerait sonûls à ses aventures. Est-ce que?... Diablel Sondons. (Hant.) Madame, après tout , je ne dis pas que je ne sois pas porté à être sévère pour les autres, l'étant pour moi- \n6mei Mais je ne dois pas incriminer le mobile de Louis»