ACTE PREMIER
puisque je l'ignore, quoique j'aie été une fois bien près de le découvrir.
MAÛAM£ BëKTëAU.
Vous avez découvert?...
MAUVERGNAT.
Je VOUS û parié de ses sorties nocturnes et de son
déguisement. Une fois donc, vers deux heures du matin, je me trouvsds dans une rue du faubourg Montmartre; je vois un ouvrier planté devant une maison; le fait me frappe, à cause de l'heure et parce qu'il pleuvait à verse. Je regarde cet ouvrier : c'était lui. Je me colle dans l'enfoncement d'une porte, d'où je l'examine. Il avait les yeux fixés sur une fenêtre du premier étage où passait pàr moments sur le rideau Tombre d'un jeune homme... (a part.) Elle a tressailli. (Haut.) Un instant après, la fenêtre s'éteignit. Fontenay resta encore un peu, puis s'en alla. Je le suivis sans qu'il s'en aperçût. Il rentra ici.
MADAME liERTEAO.
£h bien?
J'étais intrigaé. Ça né-me regardait pas, mais, le lendemain matin, le hasard m'ayaut ramené tlevaiU la même maison, j'entrai, et je demandai si on le connaissait. Un monsieur qui me reçut au premier étage, et le portier à qui je parlai en descendant, me dirent qu'ils ne savaient pas ce que je leur chantais avec mon Fontenay.
MADAME BERTEAU
Fontenay 1 Ahl sans doute.
MAtVERGNAT.
Fontenay? Ce n était dooc pas son vrai nom? Hais, en
eiïei, [)Our mieux dérober sa piste,, il avait du prendre un uoin.supposé à son retour eu France.
MADAME BERTEAl.
Et vous n'avez pas fait d'autres démarches?
MAUVERGNAT.
Où en aurais-je fait? Je me suis borné à dire à Fontenay. — c'ést-à-dire à?.«. à je ne sais plus qui — que je l'avais vu. Il m'en a paru peu content, et n'est plus jamais ressorti depuis. 11 est vrai que sa nialadio s est aggravée presque immédiatement et qu'il n'a plus été bientôt en état d'aller rcct'voir les averses la nuit. Je ne m'en suis pas inquiété autrement. Vous ne savez pas, vous, ce que pouvait lui être ce ieune homme?
MADAME BERTEAC.
Non.
MAUVERGNAT, à part.
Elle a baissé les yeux.
MADAME BERTEAU
Mais ce sachet que vous deviez me chercher?
MAUVERGNAT.
11 ne lui était rien. Le sachet est dans l'autre pièce. J'y
vais. (U va derrière le paravent, prend le sachot dans son paletot, tAli* encore la doublure, la déchire, et en tire un papier plié.) Âh ! ( U serre le papier dans sa poche et revient. Madame Berteau, qai est allée à l'alc6ve et qui est absorbée dans nne contemplation profonde, ne l*entend pas. Manvergnat la regarde areo un hanssement d'épaales ) SI ça U'eSt paS bête
de regretter coqdme ça un pauvre! (uaut.) Tenez, madame.
ÂCT£ PREMIËR. 37 MADAME BERTEAU.
Ah!
-UAL VERGiNAT.
La soie est un peu déchirée, mais elle Tétait lorsque
j'ai hérité.
MADAME BERTEAU. t
Doutiez.
iMAUVERGNAT.
G*est bien ce que je vous disais. Des objets d'enfant, un petit bonnet, un petit gant...
M ADAAIE BE H 1 EAU, à part.
Oh ! cela me fait mal.
Al A U V E R G N A T, q.ui a <3nt«uUu.
Kt àmoi donc! (S'erauyant iQsyeaz.) G*est vîngt-cinq francs.
MADAME BEBTEAU.
Vous n'avez plus rien?
HAUTERGNAT.
Oh I pour cette fois, je vous ai tout donné.
MADAME BERTEAU
Il n'a laissé aucun papier? aucune lettre?
MAUVERGMAX.
Aucune. — Je vais vous faii-e descendre le portrait; — Timothée 1 (Bntre Timothée.) Preuds cette toile et va la mettre dans la voiture de madame. Il y a vingt-cinq francs à recevoir. Tu les remonteras! (Timothée sort.) Merci, madame. J*éspëre que nous nous reverrons.
MADAME BERTEA U, à part. .
Oh ! oui , je reviendrai ici ! (eue son.)