ACTE DEUXIÈME. j
cherais-jè? Je le repousse. S*il y a là une mauvaise nouvellCt je ne la saurai pas. Je sats dans le meilleur .moment de ma vie, j'épou^ une femnie que j'adore et qui m*àime, je suis heureux, je n ai pas besoin de votre lettre. Je ne la lirai pas.
MAUVERGNAT.
C'est que, voilà, j'ai lâa conscience aussi, moi, et je . ^ me demande si, sachant que vous détenez le bien d'une autre, je pourrais laisser cette autre dans* Tignorance où elle est sans devenir en quelque sorte votre complice. le
ne dis pas qpie je l'instruirai; je soumettrai d'abord mon scrupule à plusieurs amis,' auxquels je ferai lire la lettre»
L04JIS.
Si je VOUS la rends. *
MAUV£RGNAT.
Je la sais par cosur, ' -
LOUIS
Qui vous croira?
MAU VÉRGNAT.
Vous.
ÉOUIS.
Monsieur, je ne yous ai lait aucun mal* Je ne. vous avais jamais vu quand je suis allé ches vous hiér. Vous
n'avez pas à m ètre reconnaissant de ce qui s'y est passé, mais cela n'a pas pu vous faire mon ennemi. Vous ne vous êtes certainement pas rendu compte de l'affreux coup dont vous me fjrapperiez. Je n'ai pas très-bien entendu ce que vous m'avez dit; mais, s'il était vrai que ma fortune. ne fût pas à moi, mon mariage serait impossible. Et mon mariage, voyez-vous, c'est ma vie, c'est mon âme, c'est tout.
Arracbeï-moi le cœur plutôt que. Geneviève! Vous ne sa* vîez pas cela. Yous avez pu croire <jue je raiinais raisonnablement, que cè ne serait qu'un mariage mancpiét Je l'aime avec démence I Je vous en prie, dites-moi que cette lettre ne renferme rien dont j'aie, à m'eiïrayer, que vous vous êtes tEompé, qu'il est inutile que je . la lise. Je vous avoue que dans ce nioiuent je serais lâche contre le malbeur. Je vous en prie 1
MÂUVËRtiINAÏ. *
Vous ne faites pas attention que vous me demandez de
mentir. — Quand j'en serais capable, quand jè vous jurerais que cette lettre n'est pas ce qu'elle est, -quand je vous le si ignorais, est-ce que vous me croiriez? Pas d'enfantillage. Vous me priez, vous êtes convaincu. Vous savez dès à présent et pour toujours que cette lettre vous dépossède. Ne me la icikIcz pas, je vous la donne, faites-en ce qu'il " VOUS plaira, vous pouvez la déchirer, la brûler, l'anéantir, — vous ne pouvez pas l'ignorer. Vous me demandez de vous dire qu'il est inutile que vous (a lisiez. Je vous le dis.
Ne là Usez pas. .
Je la lis !
MAUVERGNA'T.
Vous feriez môme mieux de ne pas la lire.
LOUIS, oaTrant la lettre.
C'esjt l'écriture de ma iiière !
M A U \ tlUiNAT.
Vous la reconnaissez^ .
LOUIS
Ma mère à présent! — Obi il faut sorth: de cette