LE MAGASIN THÉÂTRAL
Théophile. Et aussi à Paris... vous sentez bien que vous auriez beau faire... le bourgeois d’ici voudrait toujours avoir une nourrice... il est buté... il est têtu... et, si vous me renvoyez, il en prendra une autre qui ne s'arrangera pas avec vous... qui voudra y mettre du sien. .. qui voudra, en un mot, exercer ses fonctions de nourrice...
tandis que. moi, je n’y tiens pas du tout...
je ne tiens qu'à vous plaire...
hortense, le cajolant. Cette chère madame Mitonneau...
THEOPHILE. Je ne tiens qu'à vous obéir; car, moi, je n’ai pas de volontés.
hortense. En vérité!..
Théophile. Je vous disais bien que je n'étais pas une femme comme une autre.
hortense. Je le vois maintenant.. . mais comment ferons-nous?..
THEOPHILE. Kiende plus simple... quand l'enfant criera, je vous le porterai en secret... eu cachette... par ce moyen vous aurez chez vous une nourrice...
hortense. Qui ne nourrira pas...
Théophile. Et moi j'aurai une place...
hortense. Que je remplirai...
Théophile. Et dont je toucherai lesappointemens.
HORTENSE, souriant. Ca se voitquelquefois. .. et puis le [bonheur d’attraper mon mari... de déjouer sa tyrannie... et, quand je me serai bien moquée de lui... de le lui apprendre dans quelque temps...
Théophile. Dans bien long-temps...
hortense. Tu as raison... ce sera charmant... et tu ne me quitteras pas.... tu resteras ici... auprès de moi... et si tu es discrète...
THÉOPHILE. Si jeleserai !.. comptez sur’ moi...
HOKTBSSZ.
Aïs d'une Nuit au château.
J’y compte, et te remU justice :
Je puis inc fier A toi.
Faisons donc la paix, nourrice,
Et, d’abord, embrasse-moi.
(Et/e t'embrasse.)