‹ Le fils de Cromwell;Chapitre 10 sur 62 · ACTE 1, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE V

senlais celle cuirasse, qu'il n'ose jamais quitter ; non, je ne sortirai pas! Par ce livre sacré, par cette sainte bible, que vous lisiez, soyez clément et miséricordieux I — Cette bible, répondit-il en baissant la tète d'un air faussement affligé, cette bible nous trace en effet notre devoir, car il y est dit : « Vous frapperez les Amalécytes et leurs enfans, et les derniers de leur race !... » Enfant, j'ai donc[eu tort de l'épargner... A ces mots,j'entendis un cri d'indignation ; il venait d'un des jeunes gens, qui, assis devant la table, et nous tournant le dos, fit un geste pour se lever ; mais sa sœur appuya sa main sur son épaule et le força de se rasseoir. Pendant ce temps, on m'entraînait hors de la chambre, sans que les deux généraux, debout et les yeux baissés devant le maître, osassent prendre ma défense; et, en m'éloignant, j'entendis Cromwell furieux s'écrier : Silence, Richard! silence, mon fils! Puis la voix s'éteignit... rien n'arriva plus à mon oreille. Je courus rejoindre dans sa prison ma pauvre mère, n'ayant plus d'autre espoir que de mourir avec elle ! lorsque, le soir, les portes du cachot s'ouvrirent, nous vîmes entrer Monck : Rassurez-vous, dit-il à ma mère, vous vivrez, milady, ainsi que votre fille; Cromwell se contente de confisquer vos biens et de vous exiler en Ecosse... Ni Lambert, ni moi n'aurions eu le pouvoir de le fléchir : c'est son fils, c'est Richard Cromwell, qui, après le départ de votre fille, s'est écrié : « Mon père, lorsque je vous ai demandé la vie de Charles Ier, vous m'avez repoussé, en me parlant du salut de l'Etat ; le salut de l'État dépend-il, aujourd'hui, de la mort de ces deux femmes ? Voulez-vous forcer vos enfans à rougir de votre nom, à répudier un jour votre héritage, où il y aura encore plus de sang que de gloire? —La loi, la loi, répondait Cromwell, pale de fureur, la loi les condamne ! Je mettrai à mort les Stuart et tous leurs partisans. — Commencez donc par votre fils: Vive Stuart! vive le roi! » Et lady Elisabeth, sa sœur, lui tendant la main, répéta avec lui ce cri de mort : Vive Stuart!... A ce coup imprévu, Cromwell, anéanti, était tombé sur un fauteuil, en murmurant: Même parmi mes enfans!!! Une heure après, notre grâce avait été signée !

CLARCK

Et Richard... vous ne l'avez pas revu ?

HÉLÈNE

Il fallut, le soir même, partir pour l'exil, sans lui témoigner une reconnaissance que je lui ai toujours gardée.

CLARCK

Et Monck?

LADY RÉGINE

Oh! c'est différent! Nous l'avons beaucoup vu l'année dernière en Ecosse, où il commandait. (On entend au dehors un roulement de voiture.)

HELENE

Écoutez!... écoutez, ma cousine... Une voiture entre dans la cour du château !... C'est lui !... c'est mon oncle.

LA-DY RÉGINE

Lord Penruddock!

HÉLÈNE

Je cours le recevoir.

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