ACTE II, SCENE X
EPHRAÏM, lui remettant un papier.
Je sais qu'il vous eu faut... en voici '.... Je suis, ou plutôt nous sommes, vingt-deux voix qui n'en formons qu'une!... Éloquence collective et compacte, qui ne donne jamais qu'en masse, et entraîne avec elle toutes les consciences indécises et isolées... Et si, dans un moment où personne n'ose se prononcer, vingt-deux voix, prenant l'initiative, proclamaient pour successeur de Cromwell, le général Monck... Si le général, acceptant l'appui que nous lui proposons... et nous donnant à son tour des garanties...
MONCK, les yeux fixés sur le papier qu'Ephraïm lui a
Je vois !... des places pour tout le monde !... et pour Ephraïm Kilseen... Rien!... que cinq cents guinées de rentes! (Se tournant froidement vers Ephraïm.) Monsieur, je suis touché du service que vous voulez me rendre, et je le reconnaîtrai par un plus grand encore... un bon avis! Nous vivons dans un temps où la circonspection et la prudence sont tellement nécessaires, qu'il suffirait d'unepareille proposition... signée... comme celle-ci, de vous et de vos amis, pour donner au prochain gouvernement, j'ignore lequel, le prétexte immédiat de vous faire déporter ou pendre.
EPHRAÏM, effrayé.
Général !
MO.XCR.
Je n'abuserai pas d'une marque de confiance, d'autant plus grande, qu'elle vous met tous dans ma dépendance. (Mettant le papier clans sa poche.) Mais je vous dirai...
EPHRAÏM, se retournant et apercevant Lambert qui
Dieu! Lambert...