‹ Le fils de Gde GiboyerChapitre 25 sur 114 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

GIBOTER.

Comment savez- VOUS?

LE MARQUIS

Nous avons notre police, mon cher. — Adèle Gérard vous avait écrit une lettre désespérée où elle vous léguait Maximilîen ; vous êtes accouru à son lit de mort, vous avez voulu légitimer Tenfant par un mariage in extremis, mais la mère a rendu Tâme avant le sacrement, et alors, par une bizarrerie que je vous prie de m'expliquer, vous vous êtes chargé de Torphelin sans vouloir le reconnaître. Pourquoi ?

6IBOTER, passant & droite.

Monsieur le marquis, j'ai fait un livre qui est le résumé de toule mon expérience et de toutes mes idées. Je le crois beau et vrai, j'en suis fier, il me réconcilie avec moi-même; et pourtant je ne le publierai pas sous mon nom, de peur que mon nom ne lui fasse du tort.

LE MARQUIS

C'est peut-être prudent, en effet.

GIBOTER.

Eh bien , si je ne signe pas mon livre, comment voule2>-vous que je signe mon fîls! Je m'applaudis tous les jours que la mort ne m'ait pas laissé le temps de lui attacher au pied le boulet de la filiation.

LE MARQUIS

Sait-il au moins que vous êtes son père? —

GIBOTER.

A quoi bon? S'il ne gardait pas le secret, il se nuirait; et sUl le gardait, j'en serais profondément blessé. Pourquoi d'ailleuis lui mettre dans Tâme cette cause de timidité ou d'impudence? Qu'y gagnerais-je? Croyez- vous qu'à un moment donné, il ne me pardonnerait pas plus malaisément mes tares, s'il avait à en rougir comme d'une tache originelle?

LE MARQUIS

5avez-vous, mon brave, qu* il vous est poussé de grandes délicatesses de sentiment depuis que je ne vous ai vul

GIBOYF.R, sèchement.

II vous en poussera tout autant quand vous serez père.

LB UARQUIS.

Holà! maître Giboyer, vous vous oubliez!

GIBOTER.

Je riposte, voilà tout, monsieur le marquis. — Maintenant, venons au fait ; car je ne suppose pas que vous vous soyez livré à ce long interrogatoire par pure curiosité.

LE MARQUIS

Et que supposez-vous» je vous prie?

GIBOTER.

Qu'avant de m'offrir un poste de conGance, vous avez voulu vous assurer si mon secret était un cautionnement suffisant. Vous suffit-il?

LB MAEQUI8.

Oui.

GIBOYEE.

Alors, parlez.

LE MARQUIS, ■*anejaiit

Combien vous rapportent vos deux métiers?

[GIBOTER.

Dix-huit .cents francs, l'un portant l'autre; mais ne prenez pas ce chiffre pour base de vos offres. Vous avez omis de me demander ce que je viens faire à Paris. Or, je viens m'en tendre avec une société américaine qui fonde un journal aux États- Unis, et m'offre douze mille francs pour le diriger. Tout le monde ne m'a pas oublié.

J'en suis la preuve. — Vous savez donc l'anglais?

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