‹ Le fils de Gde GiboyerChapitre 28 sur 114 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MADAiME MARÉCHAL, eeelse et brodent; MAXIMILIEN eMis près d'elle mt «i tabouret, Ini taisant la lecture.

MAXISILI,EN, Usant.

Quand j'eus seul devant Dieu pleuré toutes mes larmes. Je voulus sur ces lieux, si pleins de tristes charmes. Attacher un regard avant que de mourir, Et Je passai le soir à les tous parcourir.

Oh ! qu'en peu de saisons...

MADAME MARÉCHAL

Je crains que vous ne vous fatiguiez, monsieur Maximilien.

MAXIMILIEN

Non, madame.

MADAME MARÉCHAL

Vous devez trouver que j'abuse un peu de vous.

MAXIMILIEN

Je suis trop heureux que mes fonctions de lecteur remplissent le vide de mes fonctions de secrétaire. Je n'ai pas fait œuvre de mes dix doigts depuis que je suis chez M. MarechaL

MADAME MARiCHÀL.

Voos lisez comme un ange.

MAXIMILIBN.

Vous êtes indulgente.

MADAME MARliCHAL.

A la façon dont vous dites les vers, on sent que vous les aimez... Moi, je les adore. Vous en faites peut-ètie?

MAXIMILIBN.

J'en ai fait, et d^assez mauvais pour ne plus être tenté do recommencer.

MADAME MARÉCHAL

n me semble que, si j'avais été homme, j'aurais été poëte... poëte ou soldat Les femmes sont bien à plaindre, allez! L'action leur est interdite et on leur défend même de donner une forme à leurs rêveries.

MAXIMILIBN.

Pauvres femmes ! (a part.) Ce qui m'étonne, c'est qu'on en trouve encore. (Haut.) Voulez- vous que je continue?

MADAME MARÉCHAL

Si vous n'êtes pas fotigué de lire... Moi, je ne me lasserais jamais d'écouter. C'est si beau, cette musique

MAXIMILIBN, lisant.

Ohl qu'en peu de Baisons les étés et les glaces Avaient fait du vallon évanouir nos traces I Et qae sur ces sentiers , si connus de nos pieds, La terre en peu de jours nous avait oubliés I

MADAME MARÉCHAL

Vous étiez bien jeune quand vous avez perdu votre mère?

MAXIMILIBN.

l'avais huit ans. (UMnt.)

La végétation comme une mer de plantes..*

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